Woodoo, le matériau du futur en bois dur comme du béton

Publié le 21 janvier 2021

Un architecte français a inventé un matériau en bois qui pourrait permettre de construire les bâtiments de demain, dans une démarche d’écoconception.

Le bois augmenté Woodoo est trois fois moins énergivore que le béton, dix-sept fois moins que le verre, et cent trente fois moins que l’acier.

Son inventeur le présente comme le matériau de demain. Un matériau qui a l’aspect du bois, mais qui est dur comme du béton et résistant comme du métal. En créant la start-up Woodoo en 2016, l’architecte Timothée Boitouzet veut être celui qui permettra de construire les bâtiments du futur en remplaçant le béton.
En effet, le béton génère des tonnes de CO2. Il est responsable de 7 à 8 % des émissions de CO2 mondiales (2,9 % des émissions en France). En cause, l’un des composants principaux du béton, très émetteur : le ciment. Ce matériau résulte d’une cuisson à forte chaleur, avoisinant les 1 450 °C. En chauffant, le ciment libère ainsi des tonnes de dioxyde de carbone.


Le bois, en revanche, a la particularité d’absorber le CO2 à travers le processus de la photosynthèse. Mieux encore, ce processus de séquestration se poursuit même si l’arbre est coupé, rendant l’initiative Woodoo d’autant plus pertinente. Ainsi, là où 1 000 tonnes de béton produisent 600 tonnes de carbone, le bois en absorbe 980 tonnes.
De surcroît, la construction des bâtiments en béton nécessite énormément de sable. Il en faut près de 200 tonnes pour une maison de taille moyenne, 3 000 tonnes pour un hôpital, 30 000 tonnes pour 1 km d’autoroute. Des chiffres faramineux qui obligent à repenser les techniques de construction en se tournant vers de nouveaux matériaux renouvelables, tels que le bois.

« Bois augmenté »

Woodoo ressemble à du bois, mais un bois modifié dans sa composition, ce qui lui donne de nouvelles propriétés. Le processus consiste à retirer une des principales molécules qui le composent, la lignine. Ce composant imprègne les parois des fibres du bois et lui donne sa rigidité.
Cette molécule est ensuite remplacée par une résine végétale, qui durcit à l’intérieur du « squelette » du bois, c’est-à-dire au sein des fibres. La résine végétale donne alors de nouvelles propriétés physiques et optiques au bois, qui devient translucide, imputrescible, malléable et résistant au feu.

Timothée Boitouzet parle de « bois augmenté ». Son avantage ? Il nécessite moins d’entretien que le bois classique, car il ne s’oxyde pas au contact de l’air et de l’humidité. Par ailleurs, selon les premiers résultats d’analyse du cycle de vie du matériau, le bois Woodoo est trois fois moins énergivore que le béton, dix-sept fois moins que le verre, et cent trente fois moins que l’acier.
Ce nouveau matériau écoconçu pourra ainsi permettre de construire des bâtiments en bois plus résistants et moins énergivores, tout en absorbant du CO2 présent dans l’atmosphère. De quoi envisager, pour son inventeur, d’ériger les gratte-ciel du futur.