Une ville anglaise qui s’éclaire aux déjections canines !

Éclairer les rues de la ville en transformant les crottes de chiens en biogaz, c’est l’idée 100 % locale et circulaire qui fait parler d’elle dans une petite commune située à l’ouest de l’Angleterre.

En actionnant une manivelle, les propriétaires de chiens font descendre les déjections dans une cuve hermétique de la taille d’une machine à laver, un digesteur anaérobie.

On savait déjà que les excréments d’éléphants pouvaient être recyclés pour fabriquer du papier. Mais quid des 20 tonnes de déjections canines qui jonchent les trottoirs de nos villes chaque année ? Dans l’ouest de l’Angleterre, Brian Harper a une réponse. Cet ingénieux retraité a mis au point une solution 100 % circulaire pour valoriser ces déchets dans sa ville de Malvern (près de 30 000 habitants) : il utilise les déjections canines pour produire du biogaz, une énergie qui permet d’alimenter les réverbères publics de la commune.

Le procédé de méthanisation des déchets – notamment des excréments animaliers – n’est pas nouveau, mais la particularité de la solution de Brian Harper réside dans sa dimension locale : tout se passe dans les rues de Malvern.

Depuis le mois de novembre 2017, les habitants de cette commune du Worcestershire sont invités à déposer le sachet contenant les déjections de leurs animaux dans une trappe placée au pied des lampadaires de la ville. Il leur suffit d’actionner une manivelle pour faire descendre le « colis » dans une cuve hermétique de la taille d’une machine à laver : un digesteur anaérobie (aussi appelé méthaniseur).

Dans cette cuve, grâce à un processus de décomposition sans oxygène, les excréments génèrent un biogaz composé à 60 % de méthane. Directement raccordé aux lampadaires, le digesteur alimente alors ces derniers avec le méthane produit, ce qui leur permet de s’allumer à la tombée de la nuit.

 

Éclairage public écologique et économique

L’initiative a déjà fait ses preuves. Dix petits sachets de déjections placés dans le digesteur suffisent à alimenter les lampadaires en énergie durant deux heures chaque soir. De quoi réduire significativement les dépenses en gaz de la ville. La municipalité estime en effet que les lampadaires consommeront 70 % de gaz en moins d’ici la fin de l’année 2018.

La solution imaginée par Brian Harper ne fait pas seulement le bonheur des riverains. Elle profite aussi aux agriculteurs voisins qui récupèrent le digestat – la matière organique solide restant dans la cuve après décomposition des déchets –  qui constitue un excellent engrais !
 

Crédits : éléments visuels ©Veolia

 

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