À Lille, on se chauffera bientôt grâce aux déchets !

La Métropole européenne de Lille va construire une « autoroute de la chaleur » qui transportera l’énergie produite grâce à l’incinération des déchets pour chauffer des bâtiments à Lille et Roubaix.

La chaleur produite par l’usine Antarès permettra de couvrir les besoins annuels en chauffage de 40 000 foyers.

Les habitants de la Métropole européenne de Lille (MEL) ne verront bientôt plus leurs poubelles du même œil ! La collectivité a annoncé début 2017 son grand projet « d’autoroute de la chaleur » : 19 km de canalisations pour transporter l’énergie produite grâce à l’incinération des déchets dans l’usine Antarès, jusqu’aux réseaux de chaleur des villes de Lille et Roubaix.
Antarès est le nom du centre de valorisation énergétique des déchets de la MEL, situé sur la commune d’Halluin. Il traite chaque année 350 000 tonnes d’ordures ménagères non recyclables générées par les 90 communes du territoire. Incinérés dans des fours à très haute température, les déchets dégagent en brûlant de l’énergie. Plus de 500 GWh par an. C’est beaucoup. Beaucoup trop pour ne rien en faire.
Jusqu’à maintenant, cette énergie était récupérée par l’usine pour produire de l’électricité. Mais cette boucle courte d’économie circulaire ne permettait pas d’exploiter pleinement la chaleur fatale. C’est ainsi qu’est né le projet de « l’autoroute de la chaleur ».
D’ici 2020, 40 % de la chaleur produite par l’usine sera transportée – sous la forme d’eau chauffée à 120 °C – jusqu’aux réseaux de chaleur de Lille et Roubaix. De quoi couvrir les besoins annuels en chauffage de 40 000 foyers.
La MEL a confié cette mission à la société Covalys (détenue à 65 % par Veolia), pour une durée de douze ans.


Un grand pas vers la transition énergétique

Avec ce dispositif, la MEL fait un grand pas vers la transition énergétique. En effet, les réseaux de chaleur sont pour le moment le plus souvent alimentés par des énergies dites « carbonées » : du gaz, mais aussi du charbon. La circulation d’énergie verte dans « l’autoroute de la chaleur » permettra de limiter la dépendance de la collectivité aux énergies fossiles.
Avec les avantages directs qui en découlent. D’abord sur la qualité de l’air, qui se verra améliorée du fait de la réduction dans l’atmosphère des particules fines liées à la combustion du charbon.
Mais aussi sur la facture énergétique. En effet, avec l’épuisement prévu des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz, etc.), le prix du chauffage a tendance à augmenter. Ce qui n’est pas le cas des énergies propres. Ainsi, la chaleur produite à Antarès à partir des déchets équivaut à l’achat de 5 millions d’euros de gaz par an.
 
 

 

CRÉDITS PHOTO : © Veolia

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