La ville, laboratoire de l’économie circulaire

Le XXIe siècle sera urbain : les villes abritent aujourd’hui 54 % de la population mondiale et il est prévu que cette proportion atteigne 65 % d’ici 2050. Ainsi donc, dans quelques années, une petite surface de la planète concentrera l’essentiel de l’humanité, et avec elle, une grande partie des enjeux écologiques, économiques et sociétaux de demain. Pour relever ces défis, l’économie circulaire est une solution dont de nombreuses villes ont déjà commencé à s’emparer.

Un rapport de la Fondation Ellen MacArthur indique que les villes consomment aujourd’hui 75 % des ressources naturelles et qu’elles génèrent 50 % des déchets et 80 % des émissions de CO2 mondiales. Avec l’explosion attendue de la démographie urbaine, la ville fait face à un défi de taille : comment fournir à l’ensemble des acteurs locaux les ressources dont ils ont besoin, tout en réduisant ses externalités négatives ?

Le modèle linéaire – produire, consommer, jeter – a montré ses limites. La ville doit aujourd’hui engager sa transition vers l’économie circulaire. Cela implique de revoir son fonctionnement sous toutes ses facettes : construction, mobilité, énergie, gestion de l’eau, traitement des déchets, etc. Partout dans le monde, de grandes agglomérations choisissent ce modèle, qui implique collectivités, entreprises et habitants.

Trois villes en première ligne

La ville de San Francisco est aujourd’hui un modèle en matière de gestion des déchets. Elle s’est fixé en 2003 l’ambitieux objectif de recycler 100 % de ses ordures d’ici 2020. Elle en est déjà à 80 %. Pour y parvenir, chaque bâtiment (logement, hôtel, entreprise, etc.) est équipé de trois poubelles différentes. Elle a également été la première ville des États-Unis à interdire le sac en plastique dès 2007.

Plus au nord, Vancouver, la plus grande agglomération canadienne, est aussi la plus verte. Son objectif : devenir la ville la plus durable du monde  d’ici 2020 : construction de bâtiments « carboneutres », énergies renouvelables, réutilisation des déchets…

En Europe, Stockholm fait figure de pionnier depuis de nombreuses années avec notamment son écoquartier d’Hammarby Sjöstad. Cet ancien dock industriel délabré a été entièrement reconstruit avec l’objectif de réduire de 50 % ses externalités négatives. Toutes les ressources circulant dans le quartier (eau, énergie, déchets) ont été pensées pour pouvoir être réutilisées.

Milan, Amsterdam ou encore Paris, qui a révélé en juillet 2017 son « Plan économie circulaire »… De nombreuses villes se saisissent peu à peu de l’enjeu de l’économie circulaire, ouvrant la voie à une prise de conscience généralisée. C’est en effet au cœur de la ville que se livrent les grandes batailles écologiques et économiques de demain.
 

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