Fruits et légumes : contre le plastique, le brumisateur

Publié le 07 avril 2020

En Nouvelle-Zélande, le zéro plastique porte ses fruits. Le supermarché New World de Christchurch a banni ce matériau des emballages de fruits et légumes. Résultat : une spectaculaire hausse des ventes.

Les brumisateurs sont plus efficaces que le plastique pour conserver la couleur, la texture ainsi que les qualités nutritionnelles des aliments.

Une hausse de 300 % des ventes d’oignons en moins d’un an. Le résultat a de quoi faire pâlir d’envie les primeurs du monde entier. Il a été obtenu par un supermarché néozélandais, de la chaîne New World, situé dans la ville de Christchurch, sur l’île du Sud.
  Comment ? Son gérant, Nigel Bond, a lancé, courant 2018, une opération baptisée « Food in the nude » (nourriture à nu). Le principe : bannir tous les emballages plastiques des rayons de fruits et légumes pour réduire le gaspillage généré par ces derniers.
  Et il y a de quoi faire : la Nouvelle-Zélande jette, en effet, chaque année près de 252 000 tonnes de plastique, selon l’association locale Recycle, dont une grande partie sont des emballages. La plupart de ces déchets finissent ensuite dans l’océan avec des conséquences désastreuses pour l’environnement. 
  Soucieux d’économiser les ressources et d’entrer dans une vraie démarche d’économie circulaire, le magasin de Nigel Bond a donc remplacé les emballages plastiques par… de petits brumisateurs. Cerise sur le gâteau : ce procédé permet de mieux conserver les produits. Il est d’ailleurs utilisé par la chaîne américaine Whole Foods Market ou dans de nombreuses boutiques en Europe.

 

Les consommateurs adhèrent, les ventes suivent

« Les fruits et légumes se composent à 90 % d’eau et plusieurs études ont montré que les brumisateurs sont plus efficaces que le plastique pour conserver la couleur, la texture ainsi que les qualités nutritionnelles des aliments », commente Nigel Bond interrogé par le NZ Herald.
  Les consommateurs adhèrent au concept. « Ils ont été agréablement surpris lorsque nous avons mis en place le nouveau rayonnage. En enveloppant les fruits dans du plastique, nous privons les consommateurs de l’expérience de sentir et de toucher les produits », poursuit-il.

Les ventes suivent. Certaines, comme celles des betteraves et des oignons de printemps, ont même été multipliées par quatre en moins d’un an. Des résultats qui ont encouragé les autres magasins de la chaîne New World à suivre l’exemple du supermarché de Christchurch. Désormais, le distributeur s’attaque aux emballages des autres produits en testant un nouveau dispositif : la possibilité, pour les consommateurs, d’apporter leurs propres boîtes, bouteilles et bocaux pour faire leurs courses. La bataille du zéro déchet bat son plein en Nouvelle-Zélande.  

CRÉDITS PHOTOS : image principale @Noemie Rosset @Veolia