Des pneus recyclés pour insonoriser l'espace public

La société tchèque mmcité+ a créé une barrière anti-bruit et durable à base de pneus recyclés. Les populations locales peuvent y dessiner à loisir pour redynamiser l’aspect de leur infrastructure de transport.

Le pneu est un matériau facile à remouler en usine, facile à transporter et à poser car extrêmement léger, mais aussi facile à entretenir et donc durable.

300 milliards. C’est le nombre de pneus produits chaque année dans le monde. Et autant, potentiellement, à recycler. Depuis 2003, une directive européenne interdit leur mise en décharge dans le but précis de les transformer pour d’autres usages. Certains finissent ainsi en revêtement synthétique pour terrains de sport, d'autres en remblais routiers. En République tchèque, mmcité+ a eu une autre idée : recycler de vieux pneus en barrière anti-bruit.

Après trois ans de recherches et moyennant un budget proche de 600 000 euros, cette société est parvenue à transformer des pneus en parois à fixer le long des voies ferrées ou des infrastructures routières pour atténuer le son des véhicules. Quatre pneus suffisent pour fabriquer un mètre carré de « noba » – c’est le nom que mmcité+ a donné à sa barrière.

La reconversion d’un pneu en panneau anti-bruit a tout de la transformation idéale, et pas seulement parce que l'objet rond représente symboliquement l'idée d'économie circulaire. Tout d'abord, le caoutchouc utilisé dans les pneus, qui permet d’absorber les chocs, fait de même avec les sons. Ensuite, le pneu est un matériau « facile » : facile à remouler en usine, facile à transporter et à poser car extrêmement léger, mais aussi facile à entretenir, et donc durable. Une souplesse de fabrication et d'utilisation qui permet de réduire les coûts. Autre attrait, la construction d'une « noba » ne coûte pas plus cher que les habituels panneaux en aluminium ou en béton prisés par l'industrie routière.
 

Colorier l’espace public

A cela s’ajoute un bénéfice « sociétal ». Présentées par mmcité+ comme des « pages à colorier au sein de l'espace public », ces barrières anti-bruit revêtent diverses formes – tantôt des ronds, tantôt des cases, tantôt des motifs abstraits –mais il existe aussi une solution inspirée des écrans numériques qui permet aux riverains de constituer leur propre motif.

. Ils participent ainsi de façon ludique à la (ré)création de leur mobilier urbain.

Dans le petit village tchèque de Bílovice en République Tchèque, c'est toute une école primaire qui s'est employée au coloriage d'une barrière routière tandis que Martina Mikšolciová et Barbora Mičová, respectivement 11 et 13 ans, sont devenues les plus jeunes dessinatrices à voir leur création implantée dans un espace public, en l’occurrence la gare de la ville slovaque de Trenčin-Zlatovce en République Tchèque. Il n'est jamais trop tôt pour sensibiliser (tout en s'amusant!) au recyclage.

 

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