Comment une start-up indienne révolutionne la gestion informelle des déchets

La start-up indienne Kabadiwalla Connect, soutenue par Veolia, modernise la filière informelle de collecte et de recyclage des déchets, et fait des collecteurs de rue un maillon clé du processus. Une avancée pour les grandes villes des pays du Sud.

Notre axe de développement : continuer à professionnaliser les kabadiwallas.

Chennai est la capitale de l’État du Tamil Nadu, dans l’Inde du Sud. Cette mégapole de 9 millions d’habitants génère quotidiennement 5 000 tonnes de déchets urbains. Mais 90 % des déchets collectés finissent dans des décharges à ciel ouvert où ils sont incinérés en plein air, ce qui accroît la pollution atmosphérique et provoque de graves problèmes de santé et de sécurité publiques.
Ici, comme dans la plupart des grandes villes d’Asie du Sud et d’Afrique, le ramassage des ordures est l’une des principales activités du secteur informel. Une économie « invisible » que deux chercheurs indiens, Siddharth Hande et Sonaal Bangera, ont cherché à mieux comprendre.
Les collecteurs de rue contribuent à une meilleure gestion des déchets et tirent de cette activité des revenus parfois supérieurs au seuil de pauvreté. « À Chennai, d’après notre sondage, le secteur informel recycle 19 000 tonnes de plastique et génère 4,3 millions de dollars de revenus chaque année », souligne Siddharth Hande.
Partant de ce constat, les deux jeunes Indiens ont voulu améliorer les conditions de vie et les revenus de ces travailleurs de l’ombre et les intégrer davantage dans les filières de gestion des déchets existantes. Ils créent une start-up, Kabadiwalla Connect (KWC), avec l’ambition de rendre le secteur informel plus équitable et efficace et de permettre ainsi aux villes indiennes de réduire de 70 % la mise en décharge des déchets urbains. « Kabadiwalla » signifie « récupérateur-entrepreneur de déchets » en dialecte de Chennai.
Pour accroître la performance d’un système qui, par nature, échappe à toute régulation, les deux entrepreneurs réalisent qu’il faut l’organiser. Spécialiste de l’analyse des données spatiales et de la planification urbaine, Siddharth Hande décide alors de cartographier Chennai quartier par quartier, et de recenser l’ensemble des acteurs de la filière informelle de la récupération et du recyclage, depuis le collecteur de rue jusqu’au revendeur spécialisé.
 

Professionnaliser les kabadiwallas

KWC repose sur les kabadiwallas, les ramasseurs de déchets qui représentent le premier maillon de la chaîne de valeur du recyclage. Quelque 2 000 kabadiwallas ont déjà rejoint KWC à Chennai. Une centaine a décidé de se spécialiser et de se professionnaliser davantage.
La start-up a développé des applications mobiles leur permettant d’obtenir toutes les informations nécessaires pour collecter et revendre les déchets, connaître les prix pratiqués en temps réel, planifier leur travail quotidien et optimiser leurs itinéraires. 
« Notre axe de développement, indique Siddharth Hande, est de continuer à professionnaliser les kabadiwallas, ce qui signifie poursuivre l’expansion de la cartographie urbaine et quantifier plus précisément l’impact de leurs activités. » Pour ce faire, KWC bénéficie de l’expérience de Veolia, référent mondial dans la gestion des déchets, qui partage son constat sur le rôle de l’économie informelle dans la gestion des déchets et réfléchit à adapter le modèle de la start-up au Sénégal et en Indonésie.
 

Image principale : © Photothèque Veolia

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