Berlin veut rendre l’occasion branchée

Publié le 23 March 2021

Contre le gaspillage des ressources, la ville de Berlin teste un concept innovant : l’ouverture de magasins branchés qui ne proposent que des produits d’occasion. Première étape avec un pop-up store chez Karstadt.

En 2020, seuls 17 % des Allemands ont acheté des vêtements d’occasion.

En septembre 2020, la ville de Berlin a ouvert son premier pop-up store de seconde main, entièrement géré par la mairie. Cette boutique éphémère a été appelée « B-Wa(h)renhaus », ce qui signifie “grand magasin”.

Installée au troisième étage du grand magasin Karstadt, elle s’étend sur 660 mètres carrés et propose à la vente des vêtements, du mobilier, des appareils électroniques ou encore des objets décoratifs. Le lien entre ces produits : ils sont tous d’occasion mais en très bon état, et auraient été jetés autrement. 

Cette initiative originale permet d’offrir une nouvelle vie entre autres aux vêtements et s’inscrit dans la forte ambition de l’Allemagne de développer l’économie circulaire. L’enjeu n’est pas mince, quand on sait que les Européens jettent chaque année 3,2 millions de tonnes de textiles à la poubelle parmi les déchets ménagers.

L’objectif de la ville de Berlin est d’aller bien au-delà de la vente : il s’agit de sensibiliser les citoyens à la culture de la seconde main. Dans cet endroit tourné vers l’écoresponsabilité, des services de réparation, des ateliers et des événements sont proposés. Un snack permet également de se restaurer, à partir de denrées à date courte qui ne peuvent plus être commercialisées mais qui sont encore bonnes à consommer.

 

Implantation stratégique

Le choix d’implanter ce pop-up store dans un lieu de shopping emblématique de la capitale allemande est stratégique car cela permet d’atteindre plus facilement les consommateurs. Les « shoppers » qui n’auraient pas fait spontanément la démarche d’acheter d’occasion pourront ainsi accéder aux produits et se forger une nouvelle idée du marché de la réutilisation.

Avec cette approche, la ville entend bien toucher les citoyens les moins sensibles à l’économie circulaire et démocratiser l’achat d’objets déjà utilisés.

Cette boutique éphémère, Berlin la présente comme « la boutique du futur » qui permet à la fois de réduire le gaspillage et de proposer des produits moins chers aux clients : un système gagnant-gagnant.

Selon le schéma directeur des déchets 2020-2030, Berlin souhaite ouvrir rapidement plusieurs magasins comme le B-Wa(h)renhaus dans différents endroits stratégiques de la ville. A terme, chaque arrondissement de la capitale allemande pourrait avoir son propre point de vente de seconde main. 

Le pays multiplie les initiatives pour atteindre en 2022 un taux de recyclage du plastique de 63 % contre 36 % actuellement. La ville de Berlin, elle, aspire à devenir « zéro déchet » en 2030.