Au Mans, Veolia transforme les déchets en électricité

Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Dans l’ouest de la France, Le Mans Métropole valorise les déchets de 400 000 ménages en énergie thermique et électrique.

« L’usine produit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 3 500 foyers et alimente 18 000 logements en énergie renouvelable pour se chauffer. »

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les villes et les collectivités d’une manière générale sont en première ligne et mettent en œuvre des solutions. Par exemple dans l’ouest de la France, où Le Mans Métropole a décidé de valoriser la chaleur dégagée par l’incinération de ses déchets pour produire de l’énergie thermique et électrique. La communauté urbaine de la Sarthe a pour cela fait appel dès 2016 à la société Syner’Val, filiale du groupe Veolia.

 

140 000 tonnes de déchets

Chaque année, l’Unité de valorisation énergétique des déchets (UVED) du Mans récupère 140 000 tonnes d’ordures non recyclables. Celles-ci sont produites par les 400 000 habitants du Mans et des agglomérations alentour. 
Une fois acheminés à l’usine de traitement, les déchets sont brûlés dans l’un des deux immenses fours de l’usine.
Leur incinération produit de la chaleur d’une température supérieure à 850 °C qui traverse une chaudière composée d’un réseau de tubes contenant de l’eau. Sous l’action de la chaleur, l’eau se transforme en vapeur et actionne une turbine génératrice d’électricité.
Outre l’alimentation de l’usine, l’électricité produite est dans sa grande majorité (80 %) réinjectée localement dans le réseau d’électricité, répondant ainsi à l’équivalent de la consommation annuelle de 3 500 foyers. Une partie de la chaleur produite permet également d’alimenter un réseau de 18 000 logements d’Allonnes et du Mans sud en chauffage et en eau chaude. Et première mondiale, une nouvelle pompe à chaleur, nouvellement installée, permet de récupérer la chaleur fatale du process, pour répondre aux pics de demande sur le réseau de chaleur. 

 

Mâchefers et fumées

Mais le processus de valorisation des déchets a été poussé à l’extrême. À l’instar d’un poêle à bois, l’incinération des déchets génère des cendres, ou mâchefers, ainsi que des fumées.
Les mâchefers subissent plusieurs étapes de séparation qui permettent de récupérer les métaux qui y sont présents. Ils sont ensuite valorisés dans les filières classiques de recyclage. Le reste, qualifié de « grave de mâchefer », est utilisé en sous-couche routière ou en remblai de carrière.
Les fumées subissent, elles, un traitement de dépollution avant leur rejet dans l’atmosphère. Les poussières qui subsistent une fois les fumées traitées, sont rendues inertes et stockées dans un centre d’enfouissement.
Ce sont les seuls « déchets ultimes », c’est-à-dire non valorisables, générés sur l’ensemble du cycle. Soit environ 3 % de la quantité de déchets traités. 

 

Énergie propre et pouvoir d’achat 

Ainsi, chaque année, ce processus permet d’éviter l’émission de 46 000 tonnes de CO2, l’équivalent de 8 500 véhicules en moins sur les routes chaque jour. Avec un rendement énergétique global de 98 % – qui correspond au rapport entre la valeur énergétique produite et celle consommée lors d’un processus tel que la combustion –, l’UVED du Mans est « l’une des unités de valorisation des déchets en pointe », précise son directeur Sébastien Mathey.
En plus de participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la production énergétique de l’usine représente une économie de 200 € par an et par foyer sur les factures d’électricité ou de chaleur des ménages.
« Un gain de pouvoir d’achat pour nos concitoyens », précise Renée Kaziewicz, déléguée à la propreté de l’espace public pour Le Mans Métropole, où l’on espère installer un deuxième réseau de chaleur qui permettra d’alimenter le nord de la ville.
 
 

Crédits : image principale © Veolia

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