Un tour de l’Atlantique pour favoriser l’accès à l’énergie

Quatre étudiants ingénieurs ont quitté la Bretagne le 1er septembre pour un tour de l’Atlantique à la voile. Leur objectif : promouvoir les énergies renouvelables et favoriser l’accès à l’électricité dans les zones isolées.

Dans le cadre d’une mission confiée par Voiles sans frontières, ils électrifieront un poste de santé à l’aide de panneaux solaires dans un village du Sénégal.

Une personne sur sept – un peu plus d’un milliard d’individus dans le monde – n’a pas accès à l’électricité, selon la Banque mondiale. C’est notamment le cas en Afrique subsaharienne, l’une des zones les moins électrifiées avec un taux d’accès qui de 37 %seulement en 2014. Or le manque d’accès à l’électricité est un véritable frein au développement économique et social : il enferme des millions de personnes dans la pauvreté.
Un fléau dont sont pleinement conscients quatre futurs ingénieurs français et contre lequel ils sont résolus à lutter à leur échelle. Élèves de l’ENSTA ParisTech et de Télécom SudParis, Charlotte de Fouquières, Côme Houdeville, Paul Thomé et Camille de Veyrac ont imaginé un projet d’envergure. Pendant un an, de septembre 2019 à août 2020, ils vont effectuer un tour de l’océan Atlantique à la voile pour promouvoir et favoriser l’accès durable à l’énergie.
Soutenus notamment par #LivingCircular, les quatre étudiants se sont élancés le 1er septembre du port du Crouesty, à l’entrée du golfe du Morbihan en Bretagne, à bord du Kerwatt, un bateau évidemment autonome en énergie, grâce à trois panneaux solaires.
Au programme de leur périple, trois objectifs : installer des systèmes d’énergie renouvelables lors de deux missions humanitaires ; explorer des solutions innovantes et écologiques en matière d’énergie ; sensibiliser le grand public – en particulier la jeune génération – aux enjeux énergétiques mondiaux. En chemin, ces « 4 matelots pleins d’énergie » – c’est le nom de leur projet – ont prévu de s’arrêter pour deux missions humanitaires de deux mois chacune.
 

Étapes au Sénégal et en Haïti

Premier stop : le Sénégal. Et plus précisément, le village de Moundé, une communauté rurale, située à l’ouest du pays. Dans le cadre d’une mission confiée par l’association Voiles sans frontières, les quatre étudiants mettront à profit leurs compétences d’ingénieurs en électrifiant un poste de santé à l’aide de panneaux solaires.
« La case de santé du village est totalement dépourvue d’accès à l’énergie. Les accouchements de nuit se font à l’aide de lampes de poche. Certains médicaments ne peuvent être conservés en l’absence de réfrigérateur », expliquent les quatre étudiants sur leur site Internet.
Pour s’assurer de la pérennité de leur action après leur départ, ils travailleront avec un fournisseur sénégalais et formeront sur place un technicien à la maintenance. Sur les aspects techniques, ils seront aidés par l’association Électriciens sans frontières, qui leur apportera des informations sur la manière de mener à bien un projet d’électrification en zone rurale.
La suite de leur voyage conduira les quatre matelots en Haïti, où ils ont prévu d’aider une association locale à dimensionner et installer un microgrid durable. Ces microréseaux électriques autonomes, conçus à partir de panneaux solaires et de parcs batteries, permettent d’électrifier très simplement un rassemblement de quelques maisons, voire de petits villages. 
 

Innover et sensibiliser

Ce n’est pas tout. Tout au long de leur voyage, les jeunes navigateurs ont prévu d’explorer les solutions innovantes qui existent déjà pour répondre aux besoins énergétiques des zones les plus isolées. Car même si les énergies renouvelables progressent partout dans le monde, elles ne le font pas encore à un rythme suffisant pour permettre une réelle transition écologique, notamment dans les régions du monde hors réseau.
Microgrid, réseau hybride, fonctionnement par intermittence… Les matelots axeront leurs recherches et leurs visites de sites autour de quatre aspects : technique (dimensionnement du site, gestion du stockage, connexion au réseau, etc.), environnemental, en vérifiant quels matériaux ont été utilisés et si la faune et la flore sont bien préservées, viabilité économique et acceptation par les populations. Ces informations seront ensuite partagées sur leur blog et leurs réseaux sociaux par le biais de mini-documentaires et d’articles.
Dernier volet du projet : sensibiliser le grand public, en particulier la jeune génération, aux enjeux énergétiques mondiaux.
À leur retour en France, en août 2020, les quatre navigateurs ont prévu d’organiser des ateliers sur le thème du changement climatique et de l’accès à l’énergie. Ils interviendront notamment dans plusieurs collèges du Réseau d’éducation prioritaire en Île-de-France, grâce à l’association L’[email protected]’hôpital. Des collèges franciliens qui seront mis en correspondance avec des établissements scolaires sénégalais et haïtiens. La boucle sera bouclée.

Suivez Charlotte, Côme, Paul et Camille sur le site 4 matelots pleins d’énergie et sur leurs pages Facebook, Instagram et YouTube
 

Sources: 

https://www.4matelots.com
https://www.inegalites.fr/Une-personne-sur-sept-n-a-pas-acces-a-l-electricite-dans-le-monde?id_theme=26#nb1
https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2017/11/file_attachments_desenergiesrenouvelablespourluttercontrelapauvrete.pdf
 

Image principale : © Veolia

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