Un tatouage comestible pour supprimer les emballages alimentaires

Publié le 04 mai 2021

Les emballages plastiques et étiquettes des fruits et légumes bio dans la grande distribution pourraient bientôt disparaître grâce à une innovation : le tatouage comestible.

Au rayon « Fruits et Légumes » de nos supermarchés, les produits bio se distinguent des produits non bio par leurs emballages. Une obligation réglementaire qui vise à ne pas créer de confusion pour le consommateur entre le bio et le conventionnel. Parés de barquettes en plastique, en carton, de cellophane, de filets… nos fruits et légumes bio représentent une quantité d’emballages à usage unique colossale. Autant de déchets issus pour la plupart de ressources non renouvelables.

Le consommateur averti se retrouve face à un vrai dilemme : consommer des fruits et légumes bio mais générer des déchets d’emballage. Un paradoxe qui pourrait bientôt connaître une fin !

En effet, depuis peu, une innovation révolutionne l’emballage des fruits et légumes : le Natural Branding ou marquage naturel. Elle supprime les emballages des fruits et légumes bio en grande distribution en les remplaçant par un tatouage sur la peau des produits.

Le Natural Branding vise à supprimer les emballages des fruits et légumes bio en grande distribution et à les remplacer par un tatouage sur la peau des produits.

Inventé par Nature & More aux Pays-Bas et Ica en Suède, le procédé n’utilise pas d’encre ni aucune autre substance toxique. Il s’agit d’enlever une fine couche de peau grâce à un laser qui projette un faisceau lumineux puissant. Le tatouage « BIO » (et d’autres informations) apparaît alors sur la peau du fruit ou du légume. Ce tatouage n’altère ni la qualité, ni le goût, ni la durée de conservation du produit. La peau reste comestible, même le tatouage !

Cette solution permet de dire adieu aux emballages uniques, mais aussi aux étiquettes collées sur les produits qui représentent des déchets de colle et de papier. La société ICA estime qu’en tatouant l’ensemble des avocats vendus par le groupe, l’économie serait de 200 km de plastique de 30 cm de large ! 

Le procédé s’avère très économe en énergie. Celle-ci représente moins de 1 % de l’énergie nécessaire à la production d’une étiquette autocollante.

Plusieurs pays se sont déjà mis à tatouer leurs fruits et légumes. Les pionniers sont la Nouvelle-Zélande et l’Australie où le Natural Branding est utilisé depuis 2009. En Europe, ce procédé est autorisé depuis 2013. Il est testé sur plusieurs produits aux Pays-Bas. Plus récemment, le distributeur Delhaize en Belgique a initié cette expérimentation. Le groupe belge espère économiser 13 millions de tonnes de déchets en un an. 

Un argument qui, pour une fois, ne nous fera pas regretter le tatouage !