À Rotterdam, on fabrique du faux cuir à base de fruits invendus

Pour lutter contre le gaspillage alimentaire et atténuer l’impact environnemental de l’industrie du cuir, les deux fondateurs de la société Fruitleather Rotterdam transforment les fruits invendus en cuir vegan.

L’entreprise néerlandaise Fruitleather Rotterdam a été créée par Koen Meerkerk et Hugo de Boon, deux jeunes designers diplômés de la Willem de Kooning Academy de Rotterdam. Porté par l’envie de créer de la valeur à partir de choses jugées inutiles et de résoudre les problèmes avec une approche de designer, le duo s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire.
Le premier problème identifié par Koen et Hugo ? Le gaspillage alimentaire, qu’ils observent au marché de Rotterdam qui se tient plusieurs fois par semaine sur la place Binnenrotte. Leur réponse : valoriser les fruits invendus en matériau durable ayant l’aspect du cuir, et suffisamment solide pour pouvoir être utilisé dans la fabrication de chaussures, la maroquinerie ou la confection de meubles. Et il y a de quoi valoriser puisqu’un tiers des aliments destinés à la consommation humaine est gaspillé. En première ligne : les fruits et légumes. Selon Fruitleather Rotterdam, 45 % de tous les fruits cultivés au niveau mondial sont jetés, depuis le champ jusqu’à l’assiette (par ailleurs, les fruits et légumes représentent 24 % des aliments jetés par les ménages et les petits commerces).
Plusieurs raisons expliquent ce gaspillage, notamment le fait qu’une grande quantité de fruits et légumes non calibrés (les fruits et légumes « moches ») sont écartés par les agriculteurs et les distributeurs et n’atteignent pas les rayons.
À ce gaspillage alimentaire s’ajoutent les problèmes éthiques et environnementaux liés à la production du cuir animal. Chaque année, selon PETA et d’autres associations de défense des droits des animaux, un milliard d’animaux sont abattus dans le monde pour leur peau. L’élevage de ces animaux contribue à la déforestation et le processus de fabrication du cuir est extrêmement polluant et consomme énormément de ressources.

 

Un sac à main fabriqué avec de la mangue

Contre le gaspillage alimentaire et pour réduire l’impact environnemental de la fabrication du cuir animal, Fruitleather Rotterdam développe un processus écologique de fabrication de « cuir de fruit » à partir d’invendus alimentaires, collectés auprès de distributeurs néerlandais. Les fruits sont épépinés et réduits en purée, puis bouillis pour éliminer les bactéries afin d’éviter qu’ils ne pourrissent. La soupe de fruits est ensuite étalée sur une surface pour être séchée. On obtient alors des feuilles d’un matériau que l’on peut facilement travailler ; qui peut être découpé, cousu, imprimé et recouvert d’un enduit comme du cuir véritable.
Koen Meerkerk et Hugo de Boon ont rejoint l’incubateur de start-up circulaires BlueCity, à Rotterdam, où ils travaillent à améliorer leur matériau afin qu’il soit suffisamment solide pour être utilisé dans les industries de la mode ou de l’ameublement. Parmi les premiers objets confectionnés avec du cuir de fruit, un joli sac à main fabriqué avec de la mangue.

 

CRÉDITS PHOTO : © Getty Images

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