Quand la livraison de repas passe au « zéro déchet »

Publié le 18 février 2021

La start-up californienne Dispatch Goods réduit les déchets générés par la livraison de repas à domicile et la vente à emporter en remplaçant les contenants à usage unique par des récipients réutilisables en acier inoxydable.

Deliveroo, Uber Eats, Foodora, Just Eat… Le marché de la livraison de repas à domicile a explosé ces dernières années. Un succès qui ne s’est pas démenti pendant les périodes de confinement imposées dans de nombreux pays du monde pour limiter la propagation de la Covid-19.

Mais que deviennent les récipients et emballages à usage unique utilisés pour protéger et transporter les plats ? Aucun n’est réutilisable ou recyclable. Pire, certains, notamment ceux utilisés dans les chaînes de fast-food, contiennent des substances chimiques, les PFAS, extrêmement persistantes et ayant des effets potentiellement néfastes sur notre corps et l’environnement. Même les contenants estampillés « biodégradables » posent problème, puisqu’ils ne se décomposent parfois que sous certaines conditions.

Pour réduire la quantité considérable de déchets générés par la livraison de repas à domicile et la vente à emporter, la start-up californienne Dispatch Goods, fondée par Lindsey Hoell en 2019, a eu l’idée de remplacer les traditionnels contenants à usage unique par des boîtes réutilisables en acier inoxydable et de mettre en place un système permettant de les récupérer.

Du marché entreprises…

Pour ce faire, la jeune pousse s’est d’abord associée à des entreprises de San Francisco et des restaurants situés à proximité, se concentrant dans un premier temps sur le marché B2B (business to business).

La « ville sur la baie », qui s’est fixé dès 2002 comme objectif ambitieux la valorisation de tous ses déchets, a mis en place une législation forte et efficace, et est parvenue à créer une véritable culture du recyclage et du compostage. Plus qu’ailleurs, aux États-Unis, les entreprises y sont soucieuses de trouver des alternatives durables et pratiques aux produits jetables à usage unique.

Lors de leur commande, les employés de ces entreprises précisent qu’ils souhaitent que leur repas soit conditionné dans des contenants réutilisables. Ils les déposent ensuite dans un des points de collecte disséminés dans les bureaux. Dispatch Goods les récupère, les nettoie et les désinfecte, puis les redistribue aux restaurateurs.

Avec la pandémie de Covid-19 et la démocratisation du télétravail, la start-up a dû faire évoluer un peu son modèle pour pouvoir récupérer les boîtes à proximité du domicile des clients. Elle a donc établi des partenariats avec des entreprises de livraison de repas, à l’image de celui noué avec DoorDash, qui permet de se faire livrer son repas dans un récipient réutilisable. Par la suite, le contenant sera collecté par Dispatch Goods puis nettoyé et enfin redistribué au restaurant. Si ce projet n’est qu’en phase de test, il permet à Dispatch Goods de se tourner vers le marché du grand public. 

… à la cible grand public

Aujourd’hui, c’est au tour des particuliers de pouvoir commander un repas à emporter ou se faire livrer dans un restaurant partenaire via l’application Dispatch Goods ou directement auprès de l’établissement. Là encore, ils sélectionnent l’option « réutilisable » au moment du paiement, et déposent les contenants dans un point de collecte, cette fois situé dans leur quartier.

La start-up fait des rondes régulières pour les récupérer, sur le même modèle que la collecte sélective. Elle prévoit désormais de proposer un abonnement permettant à ses membres résidant à San Francisco de bénéficier d’un service de livraison et de ramassage spécifique.