Près d’Abidjan, le plastique recyclé sert à construire des salles de classe

En Côte d’Ivoire, 500 salles de classe devraient être construites à l’aide de briques en plastique recyclé d’ici fin 2020. Peu coûteuses, durables et faciles à assembler, elles permettraient de bâtir des écoles plus solides en un mois seulement.

« Plus de salles de classe pour les enfants en Côte d’Ivoire, moins de déchets plastiques dans l’environnement et des sources de revenus supplémentaires pour les familles les plus vulnérables. »

En septembre dernier, lors de la rentrée scolaire 2019, la directrice de l’école maternelle de Gonzagueville, à Abidjan, accueillait ses premiers élèves dans des salles de classe d’un genre nouveau : des salles de classe construites en briques de plastique recyclé.

Le procédé de fabrication de ces briques modulaires 100 % circulaires a été inventé par Oscar Méndez et Cristina Gámez. Ce couple colombien a fondé son entreprise sociale Conceptos Plásticos pour fabriquer des logements pour les sans-abris à partir de plastique recyclé, en faisant notamment appel aux ramasseurs de déchets. Désireux d’exporter leur technologie et leur savoir-faire sur le marché ouest-africain, Oscar et Cristina se sont associés à l’UNICEF en Côte d’Ivoire pour construire des salles de classe, dont le pays manque cruellement.

Neuf salles de classe ont déjà été construites à Gonzagueville, Divo et Toumodi, démontrant la viabilité de ce nouveau matériau moins cher que les matériaux conventionnels, résistant et facile à assembler. Ces premières classes ont été bâties à l’aide de briques importées de Colombie, mais une usine de transformation du plastique est en construction à Abidjan.

« Sa vocation est triple, déclare Henrietta Fore, la directrice générale de l’UNICEF, dans un communiqué de presse : plus de salles de classe pour les enfants en Côte d’Ivoire, moins de déchets plastiques dans l’environnement et des sources de revenus supplémentaires pour les familles les plus vulnérables. »
 

Objectif : 500 nouvelles salles de classe dans un an

La Côte d’Ivoire doit se doter de 15 000 nouvelles salles de classe si elle veut pouvoir accueillir tous les enfants qui auront besoin d’être scolarisés dans les prochaines années. En s’associant avec Conceptos Plásticos, l’UNICEF espère inaugurer 500 salles de classe en plastique recyclé pour plus de 25 000 enfants d’ici la fin 2020.

Ce sont les déchets plastiques collectés à Abidjan et ses alentours qui alimenteront l’usine de transformation. Sur plus de 280 tonnes de déchets plastiques produites chaque jour rien que dans la capitale, seuls 5 % sont recyclés. Le reste finit généralement dans des décharges situées dans les quartiers pauvres, générant une pollution qui aggrave les problèmes sanitaires préexistants.

 

Une source de revenus pour les collectrices de déchets

Selon l’UNICEF, lorsqu’elle fonctionnera à plein régime, l’usine de transformation d’Abidjan devrait recycler 9 600 tonnes de déchets plastiques par an. « Opérationnelle, [elle] emploiera 30 ouvriers et, indirectement, des centaines de collectrices », rapporte Le Monde, qui raconte le quotidien de ces femmes qui sillonnent les quartiers de la capitale ivoirienne équipées de grands sacs-poubelle pour récupérer toutes sortes de déchets, dont les déchets plastiques.

Après la collecte et le tri, elles vendent – pour une somme modique – leurs ballots à des intermédiaires qui les acheminent vers les usines de recyclage. C’est un travail précaire, qui ne leur permet pas de subvenir convenablement aux besoins de leur famille. À l’usine, ces femmes seront formées de sorte à pouvoir éliminer les intermédiaires afin de mieux gagner leur vie. À Bogota, le salaire des collectrices est ainsi passé de 5-10 dollars par jour à 20-25 dollars.

CRÉDIT PHOTOS : image principale © Tamarcus Brown

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