Povera Slowdesign, la start-up qui tisse sa toile dans la slow fashion

Inspirée de l’arte povera italien, cette jeune pousse transforme les collants polyamide usagés en accessoires de mode éthiques, durables et made in France.

104 millions de collants polyamide sont jetés chaque année en France

“Produit pauvre” par excellence de l’industrie textile, le collant usagé est pourtant une matière première de choix pour Hélène Verhelle, la fondatrice de Povera qui se définit comme une “slow designer”.

Alors que les 104 millions de collants polyamide chaque année en France, soit 7 315 tonnes de déchets, sont jetés, Povera a mis en place des lieux de collecte à Paris et à Lille, sa ville natale, pour redonner une vie nouvelle à ces textiles mal aimés.

Au rythme de 12 collants par jour en 2019, la jeune entreprise née à l’occasion de l’ouverture de la rue du made in france à Paris, propose des bagues, des bracelets, des élastiques à cheveux, des suspensions florales et autres headbands. Le principe de fabrication est simple : les collants récupérés sont rassemblés par couleur, texture et densité puis ils sont découpés à la main et transformés en bobines de cordon ou ruban de différents diamètres qui seront ensuite tricotés, crochetés ou tissés de façon artisanale pour créer les accessoires.

Après un bac Arts appliqués, un BTS Design de mode et un master Design textile entre Roubaix et Lyon, c’est à l’occasion d’un échange à l’académie des Beaux-Arts de Rome qu’Hélène Verhelle a puisé l’inspiration de traiter le tissu en artiste plasticienne - ainsi que son attrait pour le “slow” à l’italienne.

Regrettant que les collants ne soient pas conçus pour durer, elle porte haut et fort sur son site Internet l’engagement de rendre la mode, seconde industrie la plus polluante, un peu plus propre. 

Le surcyclage, cette démarche de transformer des objets usagés pour leur donner un nouvel usage, concrétise son objectif de créer une mode éthique et durable : acheter des accessoires Povera, écrit-elle, c’est contribuer à diffuser la “slow fashion” et à la mise en place d’un circuit de recyclage des collants de polyamide usagés.

Et comme le changement des mentalités s’opère aussi par l’information des nouveaux « consomm’acteurs », Povera mise sur le partage des savoir-faire : une fois par mois, la jeune marque organise des ateliers sur le surcyclage. L’objectif ? Apprendre une technique artisanale textile et fabriquer soi-même un objet.