MarinaTex, le bioplastique venu de la mer

Publié le 15 octobre 2020

Inventé par une étudiante anglaise, ce matériau biosourcé et biodégradable fabriqué à partir de déchets de poissons et d’algues rouges ressemble au plastique… sans ses inconvénients.

Si ce matériau venait à se retrouver dans l’océan, il ne représenterait aucun danger pour les poissons.

Jeune diplômée de l’université du Sussex, au sud-est de l’Angleterre, Lucy Hughes développe un matériau biosourcé et biodégradable à base de déchets organiques de poissons et d’algues rouges. Résistant, flexible et quasiment transparent, il vise à remplacer le plastique à usage unique, en particulier dans les emballages. Grâce à cette invention, la jeune femme a remporté le James Dyson Award en 2019.

Tout commence lorsque, durant ses études, elle a l’opportunité de visiter une usine de poissons. Arêtes, abats, peaux, écailles… L’industrie de transformation des produits de la pêche et de l’aquaculture génère une impressionnante quantité de déchets. Ces déchets ont pourtant beaucoup de potentiel, notamment les peaux et écailles de poissons, sur lesquelles Lucy Hughes décide de concentrer ses recherches. Pour transformer ces sous-produits de la pêche en bioplastique, elle passe plusieurs mois à mener des centaines d’expériences dans sa petite cuisine afin de trouver le bon liant permettant de fixer les protéines extraites des peaux et des écailles.

Elle finit par jeter son dévolu sur l’agar-agar, contenue dans une espèce d’algues rouges disponible localement, sur le littoral du Sussex, et parvient grâce à cela à créer un matériau, qu’elle baptise MarinaTex.

 

Du prototype au brevet

Ce nouveau matériau ressemble au plastique, mais contrairement à celui-ci, il se décompose en quatre à six semaines sans nécessiter un compostage industriel (ce qui constitue un avantage par rapport aux plastiques compostables conventionnels). Ainsi, s’il venait à se retrouver dans l’océan, il ne représenterait aucun danger pour les poissons.


MarinaTex est encore au stade de prototype, mais Lucy Hughes a calculé que son matériau pourrait être compétitif en termes de coûts, « car il peut être transformé à basse température, économisant de l’énergie par rapport à la production du plastique, et qu’il est basé sur les déchets plutôt que les hydrocarbures », rapporte Fast Company.
Grâce à la récompense obtenue au James Dyson Award, la jeune femme peut poursuivre le développement de son produit qu’elle compte breveter. Des fabricants et des grands noms de la distribution auraient déjà manifesté leur intérêt pour ce projet.