Le Manta, un voilier dépollueur des océans

Publié le 30 March 2021

Porté par l'association pour la préservation des océans The SeaCleaners, le Manta, un bateau capable de collecter et valoriser les macro-déchets plastiques en masse, devrait être opérationnel en 2024.

Fondée en 2016 par le skipper franco-suisse Yvan Bourgnon, l'association The SeaCleaners se bat contre la pollution plastique des océans en menant toute une série d'actions à terre comme en mer. Son projet emblématique ? Le Manta, un bateau unique en son genre qui aura pour mission de collecter, traiter et valoriser les macro-déchets plastiques en grande quantité.

 

Sensibiliser, informer, innover

Pour mener à bien sa mission de préservation des océans, The SeaCleaners s’appuie sur trois pôles. Le pôle sensibilisation pilote des activités (création d'outils pédagogiques, animation d'ateliers et d'opérations de nettoyage, etc.) visant à éveiller les consciences et inciter à l’action. Le pôle scientifique est chargé de s'assurer que tous les projets de l'association se fondent sur des connaissances validées et de diffuser – et rendre accessibles à tous – les informations scientifiques sur la pollution marine. Enfin, le pôle technique a pour mission de mettre au point des solutions innovantes de collecte et de valorisation des déchets marins.

C'est au sein de ce dernier que Manta est né. Il s'agit, pour l'équipe d’experts désignés pour mener à bien cet ambitieux projet, de développer les briques technologiques qui équiperont le navire avec un impact environnemental minimal.

 

Collecte et valorisation des déchets

Le Manta se concentre sur les déchets plastiques à partir d'une taille de 10 mm. Selon The SeaCleaners, il peut en collecter de 1 à 3 tonnes par heure, l’objectif étant de récolter entre 5 000 et 10  000 tonnes de déchets par an. Pour ce faire, le bateau est équipé de quatre dispositifs complémentaires : trois filets de ramassage ; deux grues pour les plus gros débris flottants ; deux petits bateaux polyvalents, capables de ramasser les déchets dans les zones peu profondes ou trop étroites ; et des tapis collecteurs acheminant les déchets à bord.

Ce qui rend le projet assez unique, c’est qu’il doit permettre de valoriser 90 à 95 % des débris collectés directement à bord du bateau. La solution retenue comprend une unité de tri, où les déchets sont séparés et conditionnés manuellement par des opérateurs, et une unité de valorisation énergétique, qui les convertit en électricité par un procédé de pyrolyse. Les déchets qui ne sont pas immédiatement valorisés sont conditionnés et stockés sur le pont ou dans les coques. Ils seront soit convertis en énergie ultérieurement, soit confiés à des équipes locales lors des escales.

 

Énergies vertes et propulsion vélique

L’autre objectif du projet est d’atteindre un niveau d’autonomie énergétique très élevé, permettant au Manta de fonctionner 50 à 75 % du temps sans énergie fossile. Cela sera rendu possible par plusieurs technologies embarquées de production d’énergie renouvelable. À l’unité de valorisation énergétique des déchets, s'ajouteront ainsi deux éoliennes, près de 500 m² de panneaux solaires photovoltaïques et deux hydro-générateurs (permettant de produire de l'électricité au moyen d'une hélice mue par le déplacement d'un bateau). Ces technologies alimenteront à la fois l’ensemble des équipements électriques du bateau et sa propulsion hybride, combinant des voiles (le mode de propulsion privilégié) et des moteurs électriques.

 

Toutes ces solutions feront du Manta une vitrine technologique pour la navigation propre et la gestion circulaire des déchets plastiques. Il faudra toutefois attendre quelques années avant de le voir prendre officiellement la mer : la construction devrait être lancée en 2022 et le projet opérationnel en 2024.