Madère et les Canaries, premières étapes des quatre matelots à la poursuite des énergies de demain

Publié le 18 mai 2020
Le 1er septembre 2019, quatre jeunes ingénieurs français ont pris la mer avec une ambition à la hauteur des enjeux de la planète : favoriser l’accès à l’énergie dans des zones en difficulté et promouvoir les énergies renouvelables.
Charlotte de Fouquières, Côme Houdeville, Paul Thomé et Camille de Veyrac en sont persuadés : l’énergie verte pourra faire sortir de la pauvreté des populations entières. D’où leur projet de tour de l’Atlantique pour mieux comprendre et promouvoir ces technologies.
Plusieurs mois après leur départ à la voile depuis la Bretagne, retour sur les premières découvertes des « 4 matelots pleins d’énergie » – du nom de leur projet. 
C’est à Madère qu’ont eu lieu leurs premières explorations des énergies renouvelables. Difficile d’imaginer meilleur endroit pour commencer leur périple que l’île portugaise de Porto Santo. Le territoire ambitionne, en effet, de ne plus consommer la moindre goutte d’énergie fossile.
Ici, le constructeur Renault et l’énergéticien EEM expérimentent un nouveau modèle. L’idée ? Utiliser les véhicules électriques pour stocker les surplus d’électricité produits par les énergies renouvelables.
Concrètement, lorsque les habitants branchent leur véhicule, soit ils rechargent la batterie de leur automobile, soit ils alimentent directement le réseau électrique de l’île si les énergies renouvelables n’en produisent pas assez. C’est le principe de la batterie bidirectionnelle qui équipe chaque voiture.
De cette façon, les voitures résolvent le problème majeur posé par les technologies vertes : leur intermittence, puisqu’elles dépendent d’éléments météorologiques variables comme le vent ou le soleil.
Porto Santo n’est pas la seule île à tenter de surmonter cet enjeu, comme les quatre matelots l’ont découvert. Leur périple écoresponsable s’est poursuivi sur la petite île d’El Hierro aux Canaries.
Dans cet endroit coupé du réseau énergétique national, l’Institut technologique des Canaries s’est lancé dans un projet prometteur pour l’énergie éolienne. Pour pallier les problèmes d’intermittence de l’énergie produite par les éoliennes, les chercheurs locaux ont conçu une structure innovante de stockage de l’électricité.
Baptisée STEP (pour Station de transfert d’énergie par pompage), cette dernière permet de coordonner les cinq éoliennes de l’île avec la centrale hydraulique.
Le barrage de l’île fonctionne comme une batterie de secours, dès que les éoliennes ne sont pas exposées aux vents. Objectif des autorités d’El Hierro à terme : devenir une île 100 % alimentée grâce aux énergies renouvelables. Un véritable modèle d’économie circulaire.
Forts de leurs découvertes, les quatre matelots ont ensuite repris la mer pour une longue traversée. Cap sur le Sénégal. Sur place, les jeunes Français entendent installer l’électricité dans le centre de santé du village de Moundé grâce à des panneaux solaires et des batteries. 
L’enjeu : aider les professionnels sur place à prodiguer leurs soins et à conserver les médicaments plus longtemps.
À suivre.