L’industrie de l’eau au cœur de la transition énergétique

Le secteur de l’eau doit s’inscrire pleinement dans la transition énergétique. Veolia au Royaume-Uni a publié un rapport sur les six grands enjeux qui vont transformer le secteur.

Au Royaume-Uni, l’industrie de l’eau est le quatrième secteur le plus énergivore du pays.

Le 8 octobre 2018, les experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme. Dans un nouveau rapport, ils ont souligné l’urgence de réduire nos émissions de CO2 pour stopper les effets du dérèglement climatique. Cela nécessite notamment de changer nos modes de production et de consommation de l’énergie. C’est le principe de la transition énergétique.
Une transition dans laquelle l’industrie de l’eau a tout son rôle à jouer. On l’ignore, mais c’est l’un des secteurs les plus énergivores dans le monde. Au Royaume-Uni par exemple, elle est le quatrième secteur le plus consommateur d’énergie : elle consomme 3 % de l’électricité produite dans le pays (pour le pompage, le traitement de l’eau et la gestion des déchets), et génère 1 % des émissions de dioxyde de carbone.
Non seulement le secteur de l’eau est énergivore, mais sur fond de croissance démographique mondiale dans les prochaines décennies, l’eau va plus que jamais devenir une ressource rare. L’enjeu est donc clair : comment améliorer l’efficacité énergétique du secteur tout en sécurisant l’approvisionnement en eau pour le plus grand nombre ?
L’industrie de l’eau doit avant tout miser sur l’optimisation de ses infrastructures d’approvisionnement et de traitement afin de faire en sorte qu’elles aient besoin du moins d’énergie possible. Dans son rapport H2O27 Future-Proofing UK Water, Veolia identifie six enjeux auxquels le secteur doit se préparer d’ici 2027 au Royaume-Uni pour prendre part à la transition énergétique.

1. Recycler l’eau pour les usages non potables. Au Royaume-Uni, 60 % de l’eau potable produite sont utilisés pour des activités qui ne requièrent pas ce niveau de qualité : toilettes, fonctionnement d’équipements industriels, refroidissement de centrales, etc. Pour éviter ce gaspillage, tout en répondant à une demande croissante, le premier défi est donc d’utiliser de l’eau recyclée pour tous les usages qui ne nécessitent pas d’eau potable. Il peut s’agir par exemple du réemploi des eaux usées traitées, des eaux de pluie, etc.
2. Adopter de nouveaux outils intelligents. Les technologies ont également un rôle de premier plan à tenir dans l’industrie de l’eau. Grâce à des solutions innovantes telles que la capture de données ou l’analyse prédictive, on peut mettre au point des systèmes intelligents, capables de mieux gérer la distribution d’eau, de réduire les pertes, et même d’anticiper les pannes sur les réseaux. De quoi optimiser l’efficacité – opérationnelle et énergétique – des infrastructures de traitement et de distribution de l’eau.
3. Opter pour des matériaux innovants. Des matériaux innovants peuvent contribuer à préserver la qualité de l’eau. Par exemple, grâce à son imperméabilité, le graphène peut filtrer toutes les bactéries, tous les micro-organismes et contaminants et ainsi garantir une qualité d’eau optimale.
4. Miser sur les ressources biologiques pour l’autosuffisance énergétique. Limiter l’impact énergétique du secteur de l’eau, cela passe aussi par l’utilisation de ressources renouvelables. On peut notamment citer la valorisation des boues d’épuration : elles peuvent être transformées en énergie grâce à la méthanisation. Une station d’épuration peut générer sa propre électricité et réduire ainsi la facture énergétique !
5. Viser la neutralité carbone. Pour s’inscrire dans la transition énergétique, le secteur de l’eau doit se tourner vers les énergies renouvelables. Comment ? En exploitant par exemple la piste des biogaz, celle des centrales de cogénération, et d’une manière générale, en adoptant des dispositifs à faible consommation d’énergie. Des solutions efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et se rapprocher de la neutralité carbone.
6. Élaborer un cadre politique clair. Enfin, pour investir dans des solutions innovantes à faible consommation d’énergie, les entreprises ont besoin d’être rassurées par un cadre politique clair à long terme. Theresa May, Premier ministre britannique, a justement lancé en janvier 2018 une politique environnementale en ce sens.
 

Les citoyens ont aussi un rôle à jouer

Au-delà des entreprises, les citoyens ont bien entendu également leur rôle à jouer dans la préservation de nos ressources en eau. Cela passe avant tout par la réduction du gaspillage de l’eau potable, en adoptant des gestes simples au quotidien : fermer l’eau du robinet, préférer les douches aux bains, ou encore s’équiper d’appareils électroménagers à faible consommation d’eau.

 
 

Image principale : © Photothèque Veolia ES Limited - Chris George

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