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Le potentiel circulaire de l’impression 3D

La fabrication additive et les ateliers de fabrication numérique sont susceptibles de dynamiser les pratiques de réparation, selon une étude de l’ADEME.

La réparation des objets est l’un des piliers de l’économie circulaire. Elle permet l’allongement de la durée de vie des produits, et donc la réduction des impacts environnementaux générés par leur production et par la gestion des déchets associés.

Pourtant, la réparation est encore trop peu développée. Les consommateurs ne sont pas assez sensibilisés aux pratiques de réparation et la majorité des produits ne sont, aujourd’hui, pas forcément réparables.

L’innovation numérique peut contribuer à faire évoluer la situation positivement. C’est en tout cas l’analyse de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), qui a publié en juin 2017 la première étude française sur les pratiques de réparation par utilisation de l’impression 3D (ou fabrication additive) et dans les ateliers de fabrication numérique, dressant un état des lieux et proposant des pistes d’actions.


Des freins à lever

Pour l’ADEME, ces nouvelles technologies ont le potentiel de lever certains freins qui limitent actuellement le développement de la réparation. L’impression 3D peut ainsi permettre de réduire le coût des pièces détachées lorsqu’elles ne sont plus produites, et de disposer plus rapidement de certaines pièces détachées lorsqu’elles ne sont pas en stock.

En mettant à disposition du grand public des outils de fabrication numérique et le savoir-faire d’une communauté de passionnés, les fab labs, eux, simplifient l’acte de réparation.

En outre, le caractère innovant et transformateur de ces technologies et de ces lieux fait d’eux des leviers d’évolution des pratiques de réparation traditionnelles. Les technologies d’impression 3D évoluent très vite et peuvent potentiellement amener à repenser la manière dont sont réparés certains produits, par exemple les produits électroniques, très sensibles à l’obsolescence.

Hébergeant une communauté d’adeptes du do it yourself, les fab labs sont quant à eux propices à l’innovation et pourraient s’emparer des problématiques de réparation.


Nouvelle logique

Si l’analyse simplifiée des impacts environnementaux, menée dans le cadre de l’étude de l’ADEME, ne permet pas d’affirmer que la fabrication par impression 3D est plus écologique que le procédé traditionnel, son intérêt réside ailleurs.

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, la fabrication numérique permet l’émergence d’une nouvelle logique de production décentralisée : elle accueille de nouveaux acteurs et encourage les acteurs historiques à fabriquer les pièces détachées nécessaires à la réparation de leurs produits.

 

SEB et Boulanger aux avant-postes
L’ADEME souligne que la fabrication de pièces détachées pour la réparation par impression 3D est encore marginale et qu’elle n’est pas encore intégrée dans la filière SAV des fabricants et distributeurs. Certains pourtant s’y mettent, à l’instar de SEB et Boulanger. Le premier, qui s’engage à assurer la réparation d’un produit sur les dix années qui suivent la fin de sa commercialisation, souhaite assurer l’approvisionnement en pièces détachées fabriquées grâce à l’impression 3D lors des dernières années de garantie. De son côté, Boulanger a lancé la plateforme Happy3d, qui met à disposition du grand public les plans numériques d’une sélection de pièces détachées de ses trois marques propres, Listo, Miogo et EssentielB.

 

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