La première combinaison de surf recyclable au monde

Quelque 380 tonnes de combinaisons de sports aquatiques finissent dans les décharges chaque année au Royaume-Uni. La marque anglaise Finisterre a décidé de relever le défi en créant la première combinaison entièrement recyclable au monde.

Finisterre a engagé « la toute première recycleuse de combinaisons à temps plein au monde »

Les plongeurs et les surfeurs sont aux premières loges pour assister aux dégâts causés par la pollution marine. Partout dans le monde, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour la protection des océans, lançant des initiatives fédératrices à l’image de Katarina Linczenyiova ou d’Alex Schulze et Andrew Cooper, les fondateurs de 4ocean.

Mais il y a un paradoxe : leurs combinaisons. La plupart du temps, elles sont fabriquées en Néoprène, un caoutchouc synthétique dérivé du pétrole, non recyclable et non biodégradable. Les plongeurs et les surfeurs n’ont pas tellement le choix : très efficaces pour préserver du froid tout en restant flexibles, les combinaisons isothermiques sont plus ou moins faites de la même manière depuis leur invention dans les années 1950.

Certaines marques – comme Patagonia – tentent de substituer des matériaux plus « eco-friendly » (Yulex, EicoPrene, etc.) au Néoprène. D’autres, comme la petite entreprise française Téorum, imaginent des moyens innovants de réutiliser les combinaisons. Mais pour Tom Kay, le fondateur de Finisterre, une marque anglaise de vêtements de plein air durables qui explore aussi ces pistes, ce n’est pas suffisant. Il n’existe toujours pas de solution pour recycler une combinaison en fin de vie.

 

Mission difficile mais pas impossible

Il y a deux ans, l’entreprise a donc lancé un programme de R&D ambitieux, appelé « Wetsuits from Wetsuits », visant à mettre au point une combinaison nautique entièrement recyclable. Pour ce faire, Finisterre a engagé « la toute première recycleuse de combinaisons à temps plein au monde », Jenny Banks, diplômée d’un master en Science des matériaux de la réputée école d’art et design Central Saint Martins, à Londres. 

La mission de Jenny Banks est loin d’être facile. Un équipement classique peut comporter jusqu’à quinze types de matériaux différents qu’il est quasiment impossible de séparer. Le Néoprène est généralement mélangé à d’autres caoutchoucs synthétiques et matières plastiques. C’est un élastomère thermodurcissable, ce qui signifie que, contrairement au plastique, il ne peut pas être fondu et moulé en vue de produire de nouveaux objets. Il y a aussi les doublures intérieure et extérieure en tissu en polyuréthane, les coutures et la colle, utilisées pour améliorer les performances des combinaisons…


Encore des tests à effectuer

En toute logique, la solution retenue par Finisterre a été de concevoir une tenue composée d’un nombre limité de matériaux afin d’optimiser la qualité du caoutchouc et des autres éléments issus du recyclage. L’entreprise a développé un prototype fabriqué à partir d’un caoutchouc biodégradable texturé, qui empêche l’eau de rester piégée dans le tissu et de refroidir le porteur.

Le résultat n’est pas parfait, et il reste encore beaucoup de tests à effectuer. Malgré tout, Tom Kay affirme que c’est la combinaison la plus recyclable au monde. Le chef d’entreprise a également découvert le procédé de recyclage chimique de la société anglaise ReNew ELP, utilisé dans une usine pilote en Australie pour décomposer les vieilles combinaisons de surf et déchets marins et les transformer en huile pyrolytique.Mais comme le rappelle le Guardian, ces processus ont aussi un impact environnemental. Finisterre souhaite donc réaliser une analyse du cycle de vie afin de comparer celui d’une combinaison recyclée et celui d’une combinaison fabriquée à partir de matières vierges. Si la première entre un jour sur le marché, Finisterre devra convaincre ses clients de dépenser plus pour préserver la planète.

CRÉDITS PHOTOS : Image principale © Getty Images

 

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