The Guardian emballe ses journaux grâce à des déchets de patates

Pour lutter contre la pollution plastique, le célèbre quotidien britannique a remplacé ses emballages en plastique par une version compostable, réalisée à partir de fécule de pommes de terre.

À lui seul, The Guardian utilisait 25 tonnes de plastique chaque année pour emballer ses journaux.

En 2016, le Royaume-Uni a produit 3,7 millions de tonnes de déchets plastiques, dont les deux tiers sont expédiés à l’étranger « sans aucune garantie de recyclage », précise un rapport publié en juin 2018 par l’association environnementale Green Alliance. Parmi ces déchets, on recense 700 000 tonnes de films en plastique produites chaque année au Royaume-Uni.
À lui seul, le quotidien The Guardian utilisait jusqu’à présent 25 tonnes de film en plastique chaque année pour emballer ses journaux. Soit une demi-tonne par semaine ! Faute de recyclage efficace, ces emballages finissent dans les océans, où ils se désagrègent en microparticules de plastique. Un véritable désastre écologique pour les nombreuses espèces marines qui les ingèrent.
Pour lutter contre cette pollution plastique, The Guardian a donc décidé en janvier 2019 de vendre ses éditions papier dans des emballages 100 % biodégradables. Une première pour un quotidien national.
Baptisés BIOPLAST 300, ces films d’emballage sont fabriqués à partir de déchets de pommes de terre issus de la filière alimentaire européenne. Concrètement, ces rebuts sont traités pour obtenir de la fécule, qui est ensuite transformée en biogranules. Une fois mélangée à d’autres polymères d’origine végétale, la matière est extrudée sous forme de film plastique extra-fin, qui permet ainsi d’emballer les quotidiens.
Une fois leur journal déballé, les lecteurs sont invités à composter l’emballage ou à le jeter dans leur poubelle dédiée aux déchets alimentaires. Selon The Guardian, la décomposition prend environ six mois dans un compost bien entretenu.

 

La presse britannique inspirée

Ces emballages biodégradables ont d’abord été lancés à Londres et dans les comtés aux alentours de la capitale, à titre d’essai. Les lecteurs se sont montrés très enthousiastes. Le quotidien a donc décidé de généraliser ces films de protection biodégradables à tous ses exemplaires.
« L’environnement est une question qui nous tient à cœur et il serait formidable que davantage de publications fassent de même », précise l’organe de presse britannique. Un souhait qui a été entendu. En effet, le quotidien The Times a déclaré tester à son tour des emballages biodégradables et espère les mettre en place « dès que possible ». Du côté du Daily Mail, les équipes se penchent aussi sur la possibilité de remplacer les emballages en polyéthylène par un emballage en papier.

 

CRÉDITS : image principale © Getty Images/Westend61

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