© Photothèque Veolia-Christophe Majani d'Inguimbert

Demain, des insectes dans nos assiettes ?

Élever des insectes est-il un moyen efficace et durable de produire des protéines ? C’est ce que pensent la FAO et une poignée d’entreprises, dont Veolia, qui se sont lancées dans ce nouveau marché porteur.

Pour la FAO, les insectes représentent une source de protéine alternative, durable et saine, qui pourrait aider à relever les défis actuels et futurs.

Avec une population mondiale estimée à 9 milliards de personnes en 2050 et le développement des classes moyennes à l’échelle de la planète, les besoins en nourriture – en particulier en protéines – vont considérablement augmenter. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime ainsi que la production alimentaire actuelle devra pratiquement être multipliée par deux. Mais comment assurer la sécurité alimentaire tout en préservant l’environnement ?

La solution pourrait bien prendre la forme d’une petite bête à six pattes. C’est en tout cas ce que pense la FAO, qui a lancé en 2013 un vaste programme pour encourager l’élevage et la consommation d’insectes. Selon elle, l’entomophagie offre de nombreux avantages pour la santé et l’environnement.

D’une part, les insectes comestibles fournissent des protéines et des nutriments de haute qualité. D’autre part, l’empreinte écologique de l’élevage d’insectes est beaucoup moins importante que celle de l’élevage conventionnel. « L’indice de consommation des insectes est élevé, par exemple, les grillons ont besoin de six fois moins de nourriture que les bovins, quatre fois moins que les moutons, et deux fois moins que les porcs et les poulets pour produire la même quantité de protéines », explique la FAO.

 

Insecte circulaire

L’élevage d’insectes produit également moins de gaz à effet de serre et de déchets, nécessite moins d’eau et d’espace. Enfin, les insectes peuvent se nourrir de déchets organiques, tels que les déchets alimentaires. Un bon point pour l’économie circulaire !

Exemple en Malaisie où la start-up Entofood développe, en partenariat avec Veolia, des produits à base de larves de mouche soldat noire (huile, farines riches en protéines et engrais organiques) à destination de l’aquaculture.

Car avant même d’envisager de faire manger des insectes aux humains, il s’agit aujourd’hui de les élever pour nourrir les animaux d’élevage comme les poissons, les volailles ou les porcs. En l’occurrence, la mouche soldat noire, qui se nourrit de déchets alimentaires, constitue l’insecte circulaire idéal. Il permet de valoriser les restes de repas ou les rebuts de récoltes, par exemple, en produits à forte valeur ajoutée. C’est ce que l’on appelle la bioconversion. Ainsi, 1 kg d’œufs de mouches soldats noires, nourries avec des biodéchets, permet de produire 6 tonnes de protéines en dix jours.

En France, en février 2018, les insectes faisaient leur grande entrée au Salon de l’agriculture, montrant qu’une nouvelle filière émerge. Étaient présentes les entreprises Entomo Farm, producteur de farine d’insectes destinée à l’alimentation des poissons d’élevage et des animaux de compagnie, et Micronutris, la première ferme d’élevage d’insectes comestibles française.

Comme elles, des dizaines de sociétés à travers le monde se sont lancées dans l’élevage d’insectes ces dernières années. Citons par exemple Entocycle au Royaume-Uni, Green Petfood aux Pays-Bas , Ÿnsect en France, ou Mutatec (dont Veolia est partenaire via sa filiale SEDE).

En effet, la bioconversion des insectes est une nouvelle voie qui complète la gamme de solutions proposées par SEDE à ses clients, afin de leur assurer les meilleures solutions de valorisation de leurs résidus organiques.   

À l’instar de la FAO, toutes ces entreprises sont convaincues que les petites bêtes à six pattes représentent l’alimentation du futur !

 

©Photothèque Veolia-Christophe Majani d'Inguimbert

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