Conférence à BiodiversiTerre : préserver les océans de la pollution plastique

Sur la totalité des déchets marins, 80 % sont des plastiques.

Du 2 au 5 juin 2018, Veolia était présent à BiodiversiTerre, un événement organisé place de la République à Paris, qui avait pour but de sensibiliser le grand public aux problématiques environnementales. Chaque année, l’événement met en scène la thématique de la Journée mondiale de l’environnement qui – depuis son lancement en 1974 – a toujours lieu le 5 juin. Le thème 2018 : la lutte contre la pollution plastique.

Le 5 juin, jour de la clôture de BiodiversiTerre, l’ONU a organisé une table ronde avec différents experts, afin d’évoquer les enjeux et les solutions de ce défi en milieu océanique. L’occasion pour Veolia de présenter son engagement sur le sujet.

L’océan, poubelle de la Terre

Trois chiffres clés sont à retenir pour saisir l’ampleur de la pollution plastique des océans.

  • Premier chiffre : 80 % des déchets marins proviennent de la terre, charriés par les cours d’eau, les rivières et les fleuves.
  • Deuxième chiffre : plus de 50 % des eaux usées dans le monde – provenant des villes ou des industries – sont rejetés en mer sans aucun traitement. Cela est notamment dû au fait que 70 % des pays en développement, en particulier en Asie, n’ont pas de systèmes d’assainissement.
  • Troisième chiffre : sur la totalité des déchets marins, 80 % sont des plastiques.

« Nous en avons trouvé jusqu’au fin fond du pôle Nord », indique André Abreu, directeur des politiques internationales de la Fondation Tara Expéditions. Or, le plastique met jusqu’à mille ans à se dégrader en milieu naturel. C’est la raison pour laquelle la Fondation Ellen MacArthur estime qu’à ce rythme, il pourrait bien y avoir plus de plastique que de poissons dans les océans d’ici 2050.

Pourquoi est-ce problématique ?

Tout simplement parce que ces déchets plastiques sont toxiques pour l’environnement. « Le plastique en soi n’est pas nocif ; ce qui le rend polluant ce sont les substances – encres, polymères, colorants, etc. – qui entrent dans sa fabrication », explique André Abreu.
La première victime de cette pollution est bien sûr la biodiversité : les récifs coralliens disparaissent à grande vitesse, tandis que les mammifères marins s’étouffent en confondant les déchets plastiques avec de la nourriture.
Mais le plus problématique est surtout là : l’océan est le poumon de la planète. Il produit 50 % de l’oxygène que nous respirons et aspire un tiers du CO2 terrestre. Il a donc un rôle clé dans la régulation du climat. S’il est trop pollué, il ne pourra pas absorber les effets du dérèglement climatique comme il le fait aujourd’hui. Il s’agit également de la plus grande réserve de biodiversité au monde, source d’alimentation pour l’homme.
Il y a donc urgence à trouver des solutions pour lutter contre la pollution plastique marine. Bonne nouvelle, des solutions existent, mais elles sont surtout à terre !

Le rôle clé du citoyen

Le premier levier est celui de l’action citoyenne. Pour Jérôme Lachase, directeur de la stratégie de la start-up ZEI, « on est au-delà de la sensibilisation, il s’agit maintenant d’engager les citoyens ».

L’enjeu est de réduire au maximum la quantité de déchets envoyés en décharge.
Pour cela, différents moyens d’action sont possibles.
D’abord, nous pouvons faire évoluer nos modes de consommation en privilégiant l’achat en vrac, en évitant le plastique à usage unique (gobelets, pailles, cotons-tiges, etc.) ou encore les produits cosmétiques qui contiennent des microbilles de plastique très polluantes (exfoliant, dentifrice, etc.).

Par ailleurs, trier ses déchets est évidemment essentiel pour faciliter le recyclage.
« De nombreuses entreprises nous font part de leur volonté d’intégrer davantage de plastique recyclé dans la conception de leurs emballages, mais les flux de déchets récupérés ne sont pas encore assez importants », explique Amélie Rouvin, responsable de l’engagement Économie circulaire chez Veolia.
D’autres formes d’engagement sont possibles. Ainsi, l’association Run Eco Team fédère aujourd’hui 20 000 coureurs dans 103 pays, qui profitent de leur jogging pour ramasser des déchets sur leur chemin et partagent leurs trouvailles sur les réseaux sociaux.
De son côté, la start-up ZEI mise sur le système de récompenses pour inciter les citoyens à adopter un comportement écologique. Sur son site Internet, elle répertorie les actions responsables faciles à réaliser au quotidien et autour de soi : troc d’objets, don, bénévolat, etc. Chaque action permet de gagner des points, lesquels peuvent ensuite être utilisés pour faire des achats, partir en vacances ou encore assister à des événements. Un bon moyen de rendre l’écologie attrayante et ludique.

Veolia se mobilise pour la préservation des océans

La lutte contre la pollution plastique passe également par des réformes réglementaires – à ce titre, le gouvernement français a récemment publié sa feuille de route pour l’économie circulaire – et par l’implication des entreprises. Ainsi, de grands groupes comme Coca-Cola, Danone ou encore Carrefour ont annoncé en 2018 leur ambition d’aller vers une part plus importante de plastiques recyclés dans leurs emballages, pouvant atteindre jusqu’à 100 % pour certains d’entre eux.

Pour le groupe Veolia, la conférence BiodiversiTerre a également été l’occasion de partager sa stratégie pour lutter contre la pollution des mers et des océans. Son approche se fonde sur trois axes complémentaires :

  1. Traiter les flux de pollution terrestre sur le littoral et en amont, par la collecte et le recyclage (nettoyer l’espace côtier, traiter les eaux usées pour limiter les rejets en mer, etc.) ;
  2. Prévenir pour réduire la vulnérabilité des territoires, en concevant des solutions innovantes vers le zéro déchet et le zéro rejet en mer ;
  3. Transformer les modes de production et de consommation pour aller vers une économie circulaire, de manière à ce que les déchets terrestres soient transformés en ressources avant qu’ils n’atteignent la mer.

Pour terminer cette conférence sur une note positive, Sophie Bonnier de chez Citeo a souligné que 87 % des Français déclarent trier leurs déchets. Une bonne nouvelle qui rappelle que chaque écogeste compte. « On peut penser que c’est une goutte d’eau, mais justement, l’océan est fait de milliards de gouttes d’eau ! », conclut Amélie Rouvin.

CRÉDITS PHOTOS : Getty Images

Back to top
comments powered by Disqus