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Comment une usine alsacienne valorise ses effluents acides

Découvrez comment l’usine de Thann, du groupe Cristal, valorise ses effluents acides. Elle recycle ainsi de l’acide, du gypse et du dioxyde de carbone.

Dans le contexte mondial de raréfaction des ressources et de réchauffement climatique, les industriels sont de plus en plus nombreux à mettre en place des plans d’action pour réduire leur empreinte environnementale.

Parmi eux, on trouve notamment le Groupe Cristal, premier producteur mondial de dioxyde de titane (TiO2). Ce pigment blanc, extrait d’un minerai (le rutile), est utilisé pour diverses applications dans les industries de la peinture, de la papeterie, du plastique ou encore du caoutchouc. L’un des sept sites où le Groupe produit du TiO2 est situé dans la ville de Thann, en Alsace.
 

Neutraliser l’acide des effluents

Pour extraire le TiO2 du minerai de rutile, l’usine de Thann utilise de l’acide sulfurique. À la fin du processus de production, cet acide se retrouve nécessairement dans les effluents de l’usine. Avant que l’eau ne retourne au milieu naturel, elle est donc traitée de manière à ce que l’acide soit neutralisé. Il se trouve que ce traitement génère du gypse, un composé minéral – sous-produit de neutralisation des sulfates par du calcium –, qui entre notamment dans la composition du ciment et du plâtre. Jusqu’ici, en fonction de sa qualité, le gypse était récupéré puis stocké sur un terril, ou bien valorisé en cimenterie ou en plâtrerie. Une filière complémentaire de valorisation en agriculture a été mise en place.

En 2017, l’usine a souhaité améliorer la gestion de son impact environnemental. Elle a donc fait appel à Veolia pour optimiser et prendre en charge, pendant cinq ans, son installation de traitement des effluents acides.
 

Une triple valorisation

Veolia a proposé une approche innovante basée sur des procédés d’économie circulaire. Ils vont permettre de valoriser les sous-produits générés par l’usine, de trois manières différentes.

Premièrement, Veolia ambitionne d’augmenter la quantité de gypse valorisée, notamment pour mettre cette ressource à disposition sur le marché local. Deuxièmement, par un procédé de nanofiltration et d’évapo-concentration, une partie de l’acide sulfurique présent dans les effluents va être récupéré et recyclé. Une fois purifié, il pourra alors servir à nouveau dans le processus de production du TiO2. Une boucle courte d’économie circulaire, qui permet ainsi à l’usine d’allonger la durée de vie de l’acide qu’elle utilise dans sa production. Troisième valorisation : Veolia a proposé de mettre en place un module de fabrication de bicarbonate de sodium ou de potassium, à partir du CO2 généré par la neutralisation des effluents acides.

En résumé, à partir des déchets qu’elle produit – les effluents acides issus de la production du TiO2 – et du CO2 qu’elle émet, l’usine de Thann prévoit de fabriquer trois ressources de valeur : de l’acide, du gypse et du bicarbonate de sodium ou de potassium. Une boucle courte d’économie circulaire qui pourrait bien inspirer d’autres industriels dans la région alsacienne !

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