Avec ChopValue, l’économie circulaire marche à la baguette

Publié le 20 avril 2021

Des millions de personnes utilisent des baguettes en bois chaque jour pour s’alimenter. Pour éviter qu’elles ne finissent à la poubelle, la start-up ChopValue les transforme en objets beaux, fonctionnels et durables.

En cinq ans, plus de 33 millions de baguettes ont été valorisées.

L’histoire est racontée sur TheGuardian.com, qui a consacré un article à ChopValue en janvier 2021. « Comment, s’interroge un jour Felix Böck à la table d’un restaurant de sushi, convaincre les gens qu’il n’y a pas de déchets, mais seulement des ressources gaspillées ? »

À l’époque, le jeune homme, qui vit à Vancouver, au Canada, est frustré du peu d’intérêt que portent les industriels à son idée de réutiliser le bois provenant des chantiers de construction et de démolition. Sa petite amie lui suggère alors de « commencer petit » : pourquoi pas avec les baguettes en bois qu’il tient dans la main ?

Felix Böck la prend au pied de la lettre et décide de travailler sur l’idée dès le lendemain, dessinant les contours de ce qui allait devenir ChopValue, une start-up ayant pour objectif de donner une seconde vie aux baguettes usagées.

« J’ai réalisé que pour prouver des concepts d’entreprise durables reposant sur un approvisionnement de ressources sous-exploitées, des leaders d’opinion devaient démontrer leur viabilité, raconte-t-il. […] J’aurais besoin de développer un procédé permettant de créer des produits innovants, à forte valeur ajoutée et séduisant à partir d’une ressource pertinente. »

Cinq ans plus tard, ChopValue a recyclé plus de 33 millions de baguettes !

 

600 baguettes pour une boîte de jeu

ChopValue récupère les baguettes – dont la plupart sont en bambou – auprès de restaurants partenaires et dans d’autres endroits, comme les centres commerciaux et les aéroports, où sont placées des poubelles spécifiques. C’est ce que l’entreprise appelle « la collecte urbaine ».

The Pacific Poke, une chaîne de restaurants de l’ouest du Canada, fut parmi les premières entreprises à collaborer avec ChopValue. Œuvres d’art et plateaux de table fabriqués à partir de baguettes autrefois utilisées dans ses enseignes y sont désormais fièrement exhibés.

On ne sait pas grand-chose sur le procédé employé, si ce n’est qu’il permet de transformer une grande quantité de baguettes en tuiles de bois, qui sont ensuite utilisées pour créer du revêtement mural, du mobilier, des ustensiles, des jeux ou des objets de décoration.

Concrètement, une boîte de dominos nécessite de recycler 300 paires de baguettes, une planche à découper environ 900, et un bureau, 9 600.

 

Un réseau de micro-usines

ChopValue cherche désormais à s’étendre en Amérique du Nord en nouant de nouveaux partenariats avec des restaurants et des magasins désireux de vendre ses produits au design minimaliste, mais aussi en créant un réseau de franchises.

C’est là l’originalité du modèle économique de la start-up : produire en masse mais à l’échelle locale grâce à la multiplication de micro-usines de 140 à 230 m2, capables de fabriquer en mode « lean » (c’est-à-dire sans gaspillage) 10 000 tuiles par mois en s’approvisionnant auprès des restaurants du coin et en employant au sein de la communauté locale. Il en existe aujourd’hui trois, à Vancouver, Calgary et Montréal.