Afforest4Future transforme le désert en forêt

Près des lacs artificiels d’Al Qudra, à quelques kilomètres de Dubaï, un petit bout de désert s’apprête à être transformé en terre fertile grâce à un projet pilote d’afforestation.

L’idée d’Afforest4Future : utiliser les sédiments qui encombrent les réservoirs d’eau pour transformer des zones auparavant stériles en terres cultivables.

Faire pousser des milliers d’arbres au cœur du désert… Ce vieux rêve est désormais possible grâce aux techniques d’afforestation (ou boisement), qui consistent à planter des arbres et arbustes sur des surfaces où il n’y en a jamais eu. Ou alors, il y a très longtemps.
En Asie, par exemple, la Grande Muraille verte de Chine, le plus vaste projet d’afforestation au monde, devrait s’étendre sur 4 500 km. Elle vise à freiner la progression du désert de Gobi et à contrer la dégradation des terres provoquée par une déforestation mal contrôlée dans certaines régions du pays. On retrouve le même type d’initiative en Afrique, avec un mur d’arbres traversant tout le continent, de Dakar à Djibouti.
Selon l’ONU, 12 millions d’hectares de terres arables, une surface équivalente à la superficie du Bénin, sont perdus chaque année en raison de la désertification et de la dégradation de la qualité des terres. C’est pour lutter contre ce phénomène qu’émergent, un peu partout dans le monde, des projets d’afforestation.
Problème : dans les zones arides, a fortiori dans les déserts, transformer du sable en sol fertile – condition sine qua non pour y faire pousser des végétaux – est un processus lent et compliqué. Cela peut prendre une quinzaine d’années, voire plusieurs décennies, avec les techniques traditionnelles. C’est là qu’intervient la start-up Afforest4Future.
 

Deux problèmes à résoudre

Fondée par Vesela Tanaskovic, Afforest4Future veut résoudre deux problèmes : le besoin grandissant de terres cultivables et la sédimentation des réservoirs d’eau ‒ c’est le cas des lacs artificiels d’Al Qudra, non loin de Dubaï ‒, qui réduit leur capacité de stockage au fil du temps. Selon la start-up, 70 % des réservoirs mondiaux seront confrontés à des situations de colmatage dans les dix prochaines années.
L’idée d’Afforest4Future consiste donc à utiliser les sédiments qui encombrent les réservoirs pour transformer des zones auparavant stériles en terres cultivables et propres à la plantation d’arbres. Il s’agit d’abord d’extraire les sédiments du réservoir, de les broyer en minuscules particules dans une usine de traitement, puis de les mélanger avec de l’eau et de la boue et de les répandre dans le désert grâce à des tuyaux. « En gros, au moment où les sédiments sont dispersés, ils créent immédiatement une couche arable », explique Vesela Tanaskovic.
Une bonne idée qui n’est pas sans rappeler celle de scientifiques allemands qui collaborent avec le gouvernement égyptien pour faire pousser la forêt de Sérapium grâce aux boues d’épuration.
 

Le renfort de l’IA

Selon le magazine américain Fast Company, Afforest4Future développe en parallèle un outil basé sur l’intelligence artificielle dans le but de déterminer, à partir de l’analyse d’images satellites, les zones dans lesquelles les réservoirs d’eau sont les plus encombrés par les sédiments.

 

Image principale © Veolia

Back to top
comments powered by Disqus