VINCI inaugure la première route 100 % recyclée

Eurovia, filiale du groupe VINCI, a dévoilé en octobre 2018 la première route « 100 % recyclée » au monde. Une innovation dont le secret réside dans une drôle de machine…

Au lieu de produire des enrobés vierges provenant de carrières, Eurovia récupère l’enrobé usagé issu du rabotage des routes et le recycle.

La première route « 100 % recyclée », fabriquée à partir de 98 % de matériaux recyclés, a été réalisée par Eurovia en octobre 2018 sur une section de 1 km de l’autoroute A10, entre Pons et Saint-Aubin-de-Blaye, dans le département de la Gironde. Une innovation rendue possible grâce à la conception, en partenariat avec la société Marini-Ermont (filiale du groupe Fayat), d’une drôle de machine : une usine mobile de recyclage d’enrobés.
L’enrobé, c’est la matière première des routes : un mélange de graviers, de sable et de liant contenant du bitume, du goudron, ou les deux, appliqué en plusieurs couches pour constituer la chaussée.
Au lieu, comme il est d’usage, de produire des enrobés vierges provenant de carrières, Eurovia innove en récupérant l’enrobé usagé issu du rabotage des routes (opération qui consiste à retirer les couches supérieures du revêtement d’une route) et en le recyclant à l’intérieur de sa machine. On obtient ce que l’on appelle des « agrégats d’enrobés », qui peuvent dès lors être utilisés dans la construction et l’entretien des chaussées.
Comme cette « usine à recycler » est mobile, elle peut être déployée sur de grands chantiers d’entretien (autoroutes ou routes nationales) où sont concentrés d’importants gisements d’enrobés.
Ainsi, les matériaux issus du rabotage peuvent directement être réutilisés pour appliquer une nouvelle couche de chaussée, ce qui réduit non seulement l’emploi des ressources naturelles, mais aussi les allers-retours des camions, et donc diminue encore davantage l’empreinte carbone des travaux de réfection des routes.
 

Repousser les limites de la technologie

Pour parvenir à inaugurer sa route « 100 % recyclée », Eurovia a dû relever de nombreux défis, notamment repousser les limites du taux de recyclage des enrobés des usines mobiles d’enrobés actuelles (qui plafonne à 50 %) pour le porter à 100 %.
Il a également fallu développer une solution économiquement compétitive, respectant les spécifications et standards actuels, et offrant les mêmes performances qu’un enrobé neuf, tout en réduisant substantiellement l’empreinte environnementale !
Cela a valu au projet d’être lauréat de l’appel à projets « Route du futur », organisé par l’ADEME dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, qui vise à développer des solutions industrielles « innovantes et ambitieuses » pour réduire l’impact environnemental des infrastructures routières.
Parmi les autres lauréats, on peut citer la route à « énergie positive », projet également coordonné par Eurovia, qui capte l’énergie produite par la chaleur estivale pour contribuer au chauffage de bâtiments privés et installations publiques.
La route du futur sera composée de matériaux recyclés ou biosourcés (comme les microalgues). Elle s’adaptera aux conditions météorologiques, sera capable de réaliser un autodiagnostic, voire de s’autoréparer, et rendra de nombreux services comme la production d’énergie, le stockage des eaux pluviales ou la production d’informations à destination des conducteurs.
Bref, la route du futur sera intelligente et communicante, et fera la part belle à l’économie circulaire !
 

Image principale © Getty Images

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