Veolia s’attaque à la déconstruction de cinq sous-marins nucléaires

Déconstruire cinq sous-marins nucléaires et valoriser le maximum de déchets issus de ces machines titanesques, voici la mission complexe qui a été confiée à Veolia en 2018.

Veolia prévoit de valoriser 87 % de la masse de chaque sous-marin. Soit pas moins de 5 300 tonnes de matériaux par navire.

Durant plusieurs décennies après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays ont abandonné leur matériel de guerre ‒ munitions, explosifs, hydrocarbures, déchets radioactifs notamment ‒ dans les océans Pacifique, Atlantique et Arctique. En 1993, la Convention sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets a interdit l’immersion de tous types de déchets nucléaires dans les océans.
Des déchets qu’il faut donc désormais traiter. Et compte tenu de leur dangerosité, cette tâche est très complexe. Veolia a été choisi pour procéder à la déconstruction et à la valorisation de cinq sous-marins nucléaires de Naval Group, arrivés en fin de vie. Le Tonnant, Le Terrible, Le Foudroyant, L’Indomptable et L’Inflexible : voici les noms des cinq sous-marins lanceurs d’engins qui vont être prochainement déconstruits par les équipes de Veolia.
 

Le Tonnant, premier chantier

Le premier chantier de démantèlement a démarré en septembre 2018 à Cherbourg, avec le sous-marin Le Tonnant : 120 m de long et plus de 6 100 tonnes. Une mission à la fois titanesque et minutieuse pour les collaborateurs de Veolia. La première étape consiste à nettoyer la coque pour en retirer les corps organiques (algues, coquillages, etc.).
Viennent ensuite le dégazage et le pompage des polluants résiduels de la machine, avant de procéder à son désamiantage. À l’issue de ces étapes, la coque sera découpée en morceaux. Les différentes pièces seront alors transportées par la route dans une unité de traitement où elles seront séparées et triées.
Au total, 5 300 tonnes de matériaux devraient ainsi être valorisées pour chaque navire, dont 1 500 tonnes de coque, 2 000 tonnes de ferraille, 800 tonnes de plomb et 1 000 tonnes de métaux non ferreux comme le cuivre ou l’inox. Veolia ambitionne de valoriser 87 % de la masse de chacun des sous-marins. Naval Group précise que les 13 % de matériaux restants seront envoyés dans des filières de traitement classifiées. Un énorme circuit d’économie circulaire, qui nécessitera plus de dix-huit mois de travail pour chaque vaisseau.

Rappelons qu’en 2014, Veolia s’était déjà vu confier la déconstruction et le recyclage de l’ex-porte-hélicoptères la Jeanne d’Arc.
[+ trailer : https://youtu.be/ZLuyKUVMzUE]
 

Image principale : Phototheque VEOLIA - Rodolphe Escher

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