Une start-up canadienne transforme le CO2 en savon

Posted on 08 juillet 2020.

Au Canada, la start-up CleanO2 a développé un appareil qui transforme le CO2 des chaudières industrielles en carbonate de potassium. Ce dernier lui sert à fabriquer du savon.

Chaque seconde dans le monde, plus de 1 000 tonnes de CO2 sont rejetées dans l’atmosphère. Avec de lourdes conséquences en matière de réchauffement climatique, mais aussi d’acidification des océans. Et si ces émissions étaient utilisées au lieu de polluer ?

C’est avec cette ambition que la start-up canadienne CleanO2 a développé CARBiN-X. Cet appareil innovant transforme le CO2 issu de chaudières industrielles en carbonate de potassium. Un produit chimique utilisé par l’industrie du verre ou encore le secteur agricole, mais qui peut également servir à fabriquer des savons. C’est ce que fait la chaîne de cosmétiques Lush, qui exploite déjà cette matière première créée par CleanO2. De quoi réduire les émissions de CO2, mais aussi limiter l’utilisation des ressources naturelles nécessaires à la fabrication du savon. Depuis sa création en 2005, l’entreprise CleanO2 a installé quatorze unités CARBiN-X au Canada : dans des écoles, des immeubles résidentiels, des usines et une centrale électrique. Selon l’entreprise, chaque appareil est capable de réduire les émissions de CO2 de 5 à 6 tonnes par an. « Pensez à la quantité de bâtiments qui sont dotés d’appareils de chauffage. Le potentiel est impressionnant », souligne le fondateur Jaeson Cardiff au site d’information Radio-Canada.

Le carbonate de potassium est, quant à lui, vendu à des entreprises de détergents et de savons et les bénéfices sont partagés entre CleanO2 et le propriétaire de l’unité. Selon la start-up, le prix des unités CARBiN-X est amorti en quatre ou cinq ans. D’ici la fin de l’année 2020, Jaeson Cardiff espère avoir commercialisé un millier d’unités CARBiN-X et pourquoi pas s’exporter à l’étranger : « Nous avons eu des discussions avec des prospects venant du Japon, d’Irlande, ainsi que d’Espagne. Cela prend de l’ampleur assez rapidement. »