Recyclons les produits de la mer !

Publié le 17 décembre 2020

Les déchets des produits de la mer peuvent être valorisés et utilisés dans de nombreuses applications. Tour d’horizon avant les fêtes de fin d’année.

Découvrez les super-pouvoirs des produits de la mer en infographie

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Cette citation d'Antoine Lavoisier s’applique aussi à l’industrie de la pêche. La transformation du poisson (sous forme de filets, notamment) et autres produits de la mer génère des sous-produits – peaux, écailles, arêtes, viscères, tête, etc. – qui peuvent représenter 50% du poids des captures de pêche. La consommation des fruits de mer, également, est à l’origine d’un grand gaspillage. Gaspillage, car les coquilles d’huîtres ou de moules et les carapaces de crevettes recèlent des propriétés étonnantes !

Plus globalement, ces déchets constituent un formidable gisement de matières premières qui peuvent être valorisées et utilisées pour de nombreuses applications, dont voici quelques exemples. 

Des chutes de découpe valorisées en engrais

En 2017, Veolia et l’entreprise spécialisée dans la logistique du froid STEF s’associaient pour créer Recyfish, une solution de valorisation des sous-produits de la mer en engrais. Grâce à cette solution, le poissonnier et grossiste Deloye Marée peut recycler jusqu’à 10 caisses-palettes pleines de chutes de découpe de poissons tous les jours.

Le cuir de poisson

La peau de poisson est utilisée depuis des siècles pour produire du cuir pour la gainerie ou la maroquinerie. Avec la diffusion de matières industrielles et du caoutchouc, cette pratique a été progressivement abandonnée. Elle resurgit aujourd'hui sous l'impulsion d'artisans et de créateurs du monde entier en quête de matières durables et originales. 

Des écailles et des carapaces transformées en bioplastique

À Bayonne, deux cousins ont inventé un biopolymère à base d'écailles de poisson – la Scalite –, une alternative au plastique. La Scalite peut alors être utilisée pour réaliser toutes sortes d’objets, comme des montures de lunettes, habituellement fabriquées en acétate, un matériau peu recyclé et non biodégradable.

Les carapaces de crustacés, constituées de chitine, le deuxième biopolymère le plus abondant sur Terre après la cellulose, intéressent également les industriels et les designers. Ces derniers mettent en œuvre divers procédés pour extraire le chitosane (obtenu à partir de la chitine) et le transformer en bioplastique.

Des coquilles valorisées en objets de quotidien

Ne reste plus que les coquilles d'huîtres ou de moules. Là encore, les bonnes idées circulaires fourmillent. Decathlon les recycle pour les intégrer dans les chaussons nautiques de la marque Tribord ; la créatrice française Lucile Viaud les transforme en verre marin Glaz et crée une première collection de vaisselle ; et la startup EtNISI en fait du carrelage et du mobilier… Et plus loin que le poisson, c’est du monde marin dans son ensemble que les initiatives enthousiasmantes continueront de surgir, telles ces bouteilles biodégradables et consommables à partir d’algues marines.

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