Quoi de neuf dans le recyclage des vêtements ?

Publié le 17 novembre 2020

Dans le cadre du projet européen RESYNTEX, des chercheurs slovènes ont mis au point un nouveau procédé pour le recyclage des vêtements. Les déchets sont transformés en matières premières pouvant servir à l’industrie biochimique.

Plus de 9 millions de tonnes de déchets textiles, très souvent fabriqués avec des fibres synthétiques, sont produites chaque année dans l’Union européenne.

Après celui du pétrole, le secteur du textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde : en tout, elle représente 10 % des émissions mondiales de carbone. Le système actuel de production, de distribution et d’usage est presque entièrement linéaire avec des externalités négatives environnementales et sociales, comme le rappelle l’Institut national de l’économie circulaire.
Sous l’effet de la fast fashion, la production de vêtements, très souvent fabriqués avec des fibres synthétiques, a doublé ces quinze dernières années, et avec eux quelque 9,35 millions de tonnes de déchets textiles sont produites chaque année dans l’Union européenne, selon une étude réalisée par le cabinet de conseil Oakdene Hollins. Des vêtements usés bien sûr, mais aussi des draps, des tapis, des rideaux ou encore des tissus d’ameublement dont seule une petite partie est recyclée. 

Comment expliquer cette faible valorisation des déchets ? Outre le fait d’être de plus en plus fabriqués à partir de matières plastiques comme le polyester, les textiles sont souvent traités avec des colorants et des produits chimiques. Un haut degré de transformation qui rend leur recyclage particulièrement difficile.
Pour lutter contre cet énorme gaspillage, l’université de Maribor, en Slovénie, en partenariat avec l’entreprise textile Tekstina et l’Institut pour la protection de l’environnement et les capteurs (IOS), a mis en place un laboratoire de démonstration pour le recyclage chimique des textiles. Dans cette ville de 111 000 habitants, près de 400 tonnes de déchets textiles sont récoltées chaque année.
Les équipes en charge du projet ont décidé de relever ce défi dans le cadre du projet européen RESYNTEX. Ce programme vise à créer des concepts plus circulaires pour les industries textiles et chimiques. Dans le laboratoire expérimental de l’université de Maribor, trois machines permettent de transformer les vêtements usagés en matières premières secondaires. 

Première étape de ce processus de recyclage : un tri minutieux des matières textiles comme la laine, le coton ou le polyester. Une fois triés, les textiles sont soumis à diverses étapes comprenant la décoloration, la dépolymérisation biochimique – c’est-à-dire la transformation des fibres textiles en composés chimiques plus simples –, et un traitement à base d’hydrolyse qui permet de décomposer une substance chimique grâce à l’eau. 
Les substances chimiques obtenues à la fin de ce processus dépendent de la nature des matières premières. À partir du polyester, l’équipe de chercheurs produit, par exemple, des acides qui pourront servir à l’industrie du plastique. Du jus de glucose est obtenu à partir du coton, pour être transféré dans du bioéthanol. Quant à la laine, les protéines qui en sont extraites peuvent être utilisées comme résines naturelles.

Cerise sur le gâteau : selon les chercheurs, la même technologie peut être appliquée à d’autres types de déchets. « Nous l’employons pour les plastiques, comme les polyéthylènes utilisés pour la fabrication des bouteilles. Nous testons encore les emballages en cellulose. Et nous allons tenter de dégrader les emballages en cellulose, qui représentent également un gros problème environnemental », précise Mojca Poberžnik. Le travail ne fait que commencer.