Pologne : la cendre de houille rend le ciment plus écologique !

EKO-ZEC, filiale polonaise de Veolia, récupère la cendre volante issue de la combustion du charbon pour l’utiliser dans la production de ciment. Depuis le début de l’année 2017, une partie du surplus est exportée vers d’autres pays européens.

Au finale, la qualité du ciment est meilleure, ce qui renforce les structures en béton et les rend plus écologiques.

En Pologne, l’électricité provient principalement de centrales au charbon, mais cela pose un problème : la combustion produit une grande qualité de résidus polluants. Le plus connu est la cendre volante, qui se présente sous la forme d’une fine poudre principalement composée de particules vitreuses et sphériques.

Il faut également citer le gypse, produit pendant la désulfuration (extraction du soufre) du gaz de combustion, et les scories.
La législation prévoit désormais la collecte de ces résidus, y compris de la cendre volante, qui sont récupérés avant d’être envoyés à l’enfouissement et stockés en silos. Ces résidus peuvent être en grande partie recyclés ! Tel est exactement le rôle d’ECO-ZEC, filiale polonaise de Veolia, qui travaille pour l’une des plus grandes entreprises de production d’énergie de Pologne.

 

Du charbon au béton

Le procédé de recyclage des résidus de combustion du charbon n’a rien de nouveau, il est utilisé depuis près de cinquante ans dans le monde entier. Il y a une bonne raison à cela : la cendre de houille est un excellent substitut à certains des matériaux entrant dans la composition du ciment, notamment le mâchefer. Produit pendant la combustion d’un mélange de calcaire et d’aluminosilicates, le mâchefer est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre du monde.

L’utilisation des cendres de houille dans la fabrication du ciment évite leur enfouissement et réduit les émissions de gaz à effet de serre pendant la production du mâchefer. Par ailleurs, en tant que sous-produit industriel, les cendres sont relativement bon marché. Enfin, cerise sur le gâteau, elles améliorent l’hydraulicité du ciment, autrement dit, sa capacité à prendre au contact de l’eau. Au bout du compte, le ciment est moins cher et de meilleure qualité, ce qui permet de construire des structures en béton plus solides et plus respectueuses de l’environnement.
 

Répondre à la demande européenne

Dans son usine, le client d’EKO-ZEC produit jusqu’à 650 000 tonnes de cendre volante par an. Ce chiffre dépasse de loin la demande locale, en particulier pendant les mois d’hiver, lorsqu’il y a moins de chantiers et que la demande de béton est moins élevée.
Que faire du surplus, notamment si l’on ne veut pas qu’il soit orienté vers l’enfouissement ? La solution est évidente : l’exporter ! En particulier vers les pays qui ont moins de centrales au charbon.
La première exportation de sous-produits de la combustion a eu lieu entre le 13 et le 18 février 2017. Le chargement est parti en train de l’usine de Kozienice pour se rendre au port de Gdynia, au nord du pays, sur la mer Baltique. De là, une cargaison de cendre a été expédiée en Scandinavie et une cargaison de gypse, au Benelux. La cendre servira à fabriquer du ciment et le gypse, du plâtre et du mortier.

Grâce à ces nouveaux canaux de distribution, EKO-ZEC et Veolia contribuent à l’économie circulaire en Europe !

 

Crédits : Photothèque Veolia

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