Le made in France fait sa pelote

Publié le 22 avril 2021

Fini les pulls en laine tricotés par mamie ! Plusieurs marques de mode s’associent au sein du collectif Tricolor pour proposer des collections laine 100 % française et reconstituer une filière nationale.

L’objectif est de passer de 4 % à 24 % de la laine produite et transformée en France d’ici 2024.

Aujourd’hui, 87 % des produits de l’industrie textile (habillement, cuir et chaussures) que nous consommons en France sont importés. Un constat qui a poussé de nombreuses marques à se lancer dans des stratégies de relocalisation de leurs productions en France et miser, ce secteur aussi, sur le « made in France ».

Parmi les nombreuses initiatives de mode écoresponsable, plusieurs entreprises ont misé sur un produit naturel présent en France : la laine. Aujourd’hui, 80 % de la production nationale est exportée, créateurs et consommateurs français préférant des laines plus qualitatives, comme le mérinos.

Or l’Hexagone dispose de ressources en la matière. Sept millions de moutons sont élevés en France, ce qui représente 4 000 tonnes de laine tondue chaque année.

Malheureusement, aujourd’hui, l’élevage ovin français est principalement destiné à la production de viande. Alors même qu’il peut s’apparenter à un des modèles les plus anciens d’économie circulaire : les éleveurs ont depuis longtemps appris à valoriser l’ensemble des coproduits issus du mouton (viande, cuir, laine…).

En outre, la laine présente de nombreuses propriétés écologiques et techniques majeures. Elle est biodégradable, résistante, isolante, hydrophobe, résistante au feu, thermorégulatrice, antibactérienne.

 

Local et écoresponsable

C’est en partant de ces constats qu’est né le collectif Tricolor. Objectif : relancer la production et l’utilisation de laine en France tout en favorisant le local et l’écoresponsabilité.

L’ensemble des composants de cette filière (lavage, filature, teinture, industriels, créateurs…) existent encore dans l’Hexagone. L’enjeu est donc de les reconnecter et de reconstituer une filière digne de ce nom.

Plusieurs axes de travail sont identifiés : améliorer la qualité de tonte, identifier les caractéristiques lainières des différentes races ovines, réfléchir au modèle économique de la filière, relocaliser certaines activités, développer de nouveaux usages...

Parmi les 35 membres fondateurs figurent des « noms » comme LVMH, 1083, Balzac Paris, Saint-James, Le Slip Français, mais aussi des groupements d’éleveurs, des fédérations professionnelles ovines, des acteurs de la transformation, des industriels. Leur ambition commune : passer de 4 % à 24 % de la laine produite et transformée en France d’ici 2024.