Le luxe saisit l’occasion d’être circulaire

Publié le 24 novembre 2020

Depuis plusieurs années, les plateformes e-commerce de luxe d’occasion affichent un succès insolent. La raison d’un tel succès ? De nouvelles habitudes de consommation tournées vers l’économie circulaire.

«La seconde main a démocratisé la mode»

Le marché de l’occasion serait-il en passe de détrôner la fast fashion ? Depuis plusieurs années, la seconde main connaît une croissance fulgurante. Elle devrait ainsi progresser en moyenne de 12 % par an, passant d’un chiffre d’affaires estimé à 25 milliards de dollars dans le monde en 2018 à environ 36 milliards de dollars en 2021. C’est ce que prévoit une étude réalisée en 2019 par le Boston Consulting Group (BCG) et Vestiaire Collective, intitulée Why Luxury Brands Should Celebrate the Preowned Boom

La raison d’un tel succès ? La multiplication et la professionnalisation de sites Internet de vêtements et d’accessoires d’occasion. Ces derniers proposent notamment une offre de produits plus large et certifiée, alors que beaucoup de contrefaçons de produits de luxe sont vendues en ligne. Pour cela, elles collaborent directement avec les maisons de luxe pour établir un processus d’authentification rigoureux, et font appel à des experts pour contrôler la qualité des produits proposés à la vente. 

Parmi ces plateformes figure The RealReal, le leader mondial de l’envoi de luxe authentifié. Depuis 2011, l’entreprise américaine permet de revendre des vêtements, de la haute joaillerie, des montres et même de la décoration d’intérieur d’occasion. Autre site de luxe d’occasion en ligne : Vestiaire Collective, numéro un en Europe et deuxième acteur mondial dans le secteur du luxe de seconde main.
Lancé en 2009 en France, le site compte désormais plus de 9 millions de membres dans 50 pays, en Europe, aux États-Unis, en Asie et en Australie. « La seconde main a démocratisé la mode en donnant à un plus grand public l’accès à des vêtements et accessoires de luxe auxquels il n’aurait pu aspirer autrement », indique son PDG Maximilian Bittner.

Des acteurs soucieux de l’environnement

Au-delà de l’accessibilité des articles vintage, l’attrait pour la seconde main dans le luxe s’explique par l’émergence de consommateurs « digital native » et soucieux d’adopter des comportements respectueux de l’environnement. Les millennials (nés entre 1985 et 1995) et la génération Z (après 1995) représentent ainsi la majorité des consommateurs de l’occasion selon l’étude réalisée en 2019 par le Boston Consulting Group (BCG) et Vestiaire Collective. 
Ils ne sont pas les seuls à bénéficier de cette économie circulaire du luxe. Pour les maisons de création, le marché de la seconde main est un moyen de toucher un nouveau public et d’attirer à elles les « consom’acteurs ».