Les plantes sauvages, alliées de la transition énergétique et de la biodiversité

En Allemagne, Veolia a lancé au printemps 2019 le projet « Colorful Biomass » avec deux associations allemandes. L’idée : cultiver des plantes sauvages pour produire de la biomasse tout en préservant la biodiversité locale.

L’objectif : avoir semé 150 hectares de mélanges de plantes sauvages d’ici l’été 2020, et un total de 500 hectares au printemps 2024.

Le saviez-vous ? La première énergie renouvelable utilisée dans l’Union européenne est la biomasse. C’est à dire de la matière organique, issue de déchets biologiques provenant de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche, de l’aquaculture ainsi que des déchets industriels et municipaux biodégradables. L’avantage de cette ressource ? Neutre en carbone, elle peut être transformée en combustible — du biogaz — pour la production d’énergie. Bref, une alternative efficace à l’utilisation des combustibles fossiles, qui devient clé dans la transition énergétique.
En Europe, une grande partie (66%) de cette biomasse est issue des cultures de maïs. En Allemagne plus précisément, sur les 2,5 millions d’hectares de cultures de maïs, près d’un million d’hectares ont été utilisés pour la production de la biomasse en 2017.
Problème : cette tendance à la monoculture entrave la biodiversité de la flore et des espèces vivantes, qui ont besoin de différentes essences végétales pour survivre. À tel point qu’outre-Rhin, l’Association de la Chasse et la Fondation pour les animaux sauvages ont alerté les pouvoirs publics de la perte massive de la biodiversité dans les paysages agricoles ces dernières années.
Pour relever ce défi, les deux associations ont imaginé une solution, en partenariat avec Veolia Stiftung : remplacer les monocultures de maïs destinées à la production de biomasse par des cultures de plantes vivaces sauvages.
Baptisé « Colorful biomass », ce projet présente un double avantage. D’une part, les cultures de plantes sauvages ont un très bon potentiel de rendement pour la production de biomasse : jusqu’à 45 tonnes de masse fraîche par hectare pourront être récoltées chaque année. D’autre part, ces mélanges de plantes permettront d’encourager le retour d’une plus grande biodiversité au sein même des cultures : fleurs, plantes, insectes, espèces d’oiseaux, rongeurs, chauves-souris… De quoi agir en faveur de la protection de la nature et des espèces tout en contribuant à la production de biomasse.

 

Corridors biologiques

Pour mener à bien le projet « Colorful biomass », des agriculteurs de toute l’Allemagne vont être sélectionnés afin de remplacer leurs zones de culture de maïs par des cultures de plantes sauvages mélangées, destinées à la production de biomasse. Des exploitants d’installations dédiées à la transformation de la biomasse prendront également part au projet.
Tous seront accompagnés et conseillés dans cette transition par des experts de l'association locale Netzwerk Lebensraum Feldflur, qui milite en faveur de la préservation des corridors biologiques, ces espaces naturels nécessaires à la continuité et au cycle de vie des espèces végétales et animales. L’objectif : avoir semé 150 hectares de mélanges de plantes sauvages d’ici à l’été 2020, et un total de 500 hectares au printemps 2024.
 

CRÉDITS : photo principale © Getty Images

 
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