les artistes et l’industrie de l’imprimerie revisitent leur impact environnemental

Posted on 26 mai 2020.

Les milieux du graphisme et de l'art sont de plus en plus concernés par leur impact environnemental. Des créateurs se sont ainsi emparés de l’invention de la start-up, Graviky Labs, qui transforme les particules fines PM2,5 en encre.

« Les designers sont de plus en plus soucieux de l’environnement. Qu’il s’agisse de repenser la manière dont ils s’approvisionnent en matériel ou les conséquences environnementales de leur produit final. »

Chaque année, l’exposition aux particules fines présentes dans l’atmosphère tue 8,8 millions de personnes dans le monde, selon une étude de la revue médicale The European Heart Journal publiée en mars 2019. Parmi les pays les plus touchés figure l’Inde, avec 2,3 millions de morts en 2017.

Et s’il était possible de capturer une grande partie des émissions de carbone des villes et de la transformer en encre ? C’est l’idée qu’a eue la start-up Graviky Labs. En 2013, elle a mis au point un appareil qui transforme les « PM2,5 » – des particules fines qui entraînent le développement de cancers ou de maladies cardiovasculaires – en pigments de carbone purifié.

« L’encre noire que nous avons l’habitude d’utiliser est souvent produite par la combustion d’énergies fossiles dans des usines. Sachant que des millions de litres de combustibles fossiles sont déjà brûlés par nos voitures, pourquoi ne pas recycler leurs émissions ? », lançait le fondateur de la start-up, Anirudh Sharma, lors d’une conférence TEDx, en octobre 2018.
 

Du « KAALINK » à l’« AIR-INK »

Comment fonctionne l’invention de Graviky Labs ? Fixé à une source industrielle, le dispositif de filtrage appelé « KAALINK » emprisonne le carbone non brûlé avant qu’il ne soit expulsé dans l’air, capturant ainsi les particules fines. « Nous sommes capables de capter 95 % de la pollution émise par un moteur Diesel, sans changer la performance de la machine », précise la start-up. Graviky travaille également avec des pollueurs tiers qui collectent le carbone mais ne savent pas comment le recycler.
Grâce à un procédé breveté, le carbone collecté est transformé en un pigment intermédiaire qui élimine les métaux, la poussière ou les composés organiques volatils. Le carbone purifié est broyé puis envoyé à la fabrication pour créer de l’encre.

Baptisée « AIR-INK », l’encre de Graviky Labs a été déclinée en plusieurs produits : marqueurs, peintures, sérigraphie. Selon Anirudh Sharma, un seul marqueur AIR-INK contient l’équivalent de 40 à 50 minutes de pollution émise par un moteur de voiture.
 

Du design durable exposé à New York

Pour promouvoir son invention, la start-up indienne s’est associée à des artistes du monde entier. Des œuvres produites avec de l’encre AIR-INK étaient exposées au Cooper-Hewitt, Smithsonian Design Museum, à New York jusqu’au 20 janvier 2020. Plus de soixante projets axés sur le design durable y étaient présentés dans le cadre de l’exposition « Nature – Cooper Hewitt Design Triennial ».

« Les designers sont de plus en plus soucieux de l’environnement. Qu’il s’agisse de repenser la manière dont ils s’approvisionnent en matériel ou les conséquences environnementales de leur produit final », souligne Caitlin Condell, l’une des conservatrices, au magazine Smithsonian.

Grâce à l’intérêt que suscite cette nouvelle encre au sein de la communauté artistique, la start-up Graviky Labs espère étendre son invention à des applications plus pratiques, telles que les imprimantes à jet d’encre ou encore l’impression de textiles dans l’industrie de la mode.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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