LEGO pose les briques de l’économie circulaire de demain

Publié le 22 décembre 2020

De l’écoconception au recyclage, la célèbre marque de jouets repeint l’ensemble de son modèle aux couleurs de l’économie circulaire. Dernière annonce en date, un investissement record pour mieux gérer ses ressources.

Nous voulons bâtir une meilleure planète pour les générations futures. Devenir une entreprise plus circulaire est la clé pour réussir ce défi.

400 millions de dollars. C’est le montant du dernier investissement en date de LEGO en faveur de l’économie circulaire, annoncé en septembre 2020. L’entreprise danoise, spécialisée dans les petites briques de construction en plastique, met le paquet pour transformer entièrement son modèle et embrasser l’économie circulaire.

Un investissement à la hauteur des enjeux de LEGO dans ce domaine. Le premier est lié à la conception même de ses petites briques. Aujourd’hui, la grande majorité de ses jouets et de leurs emballages sont faits à partir de plastiques utilisant des énergies fossiles. Une ressource non renouvelable, et fortement émettrice de gaz à effet de serre. Par exemple, selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), chaque kilogramme d’emballage plastique émet 2 kg de CO2, en grande partie à cause de l’extraction du pétrole nécessaire à sa fabrication.

Cap sur le bioplastique

Grâce à son dernier investissement de 400 millions de dollars, LEGO compte tester des emballages durables (sacs en papier par exemple) et transformer ses usines pour que 100 % de ses emballages soient écoresponsables d’ici 2025.
Et, d’ici 2030, c’est l’ensemble de la production qui doit passer au vert avec des jouets en bioplastique, sans utiliser de plastiques à base d’énergies fossiles. Actuellement, les matériaux biosourcés ne sont utilisés que dans 2 % des petites briques LEGO.

L’entreprise danoise compte ainsi généraliser l’utilisation du polyéthylène végétal pour l’ensemble de ses jouets. Ce matériau plastique est conçu à base de plantes, notamment à partir de fibres de canne à sucre, dont la production participe à la réduction des gaz à effet de serre. Cette plante capture en effet une partie du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Cerise sur le gâteau : le polyéthylène végétal est recyclable, ce qui n’est pas le cas des plastiques utilisés actuellement par l’entreprise.

Programme Replay

Car l’autre grand défi de LEGO pour passer à l’économie circulaire, c’est celui de la gestion des déchets. Selon une étude de l’université de Plymouth au Royaume-Uni, une brique LEGO peut survivre… 1 300 ans dans l’océan, lieu où une grande partie des plastiques non recyclés finissent leur course à l’heure actuelle. Mille trois cents ans pendant lesquels elle peut nuire aux animaux marins.

Même si les petites briques se transmettent souvent de génération en génération, il arrive que certaines finissent à la décharge, ou dans les océans. LEGO a chiffré cette proportion à 4 % de ses briques, auxquelles la marque entend donner une seconde vie. C’est l’objet de son programme LEGO Replay, qui va bénéficier du récent investissement. Déjà en œuvre aux États-Unis et au Canada, cette initiative permet aux parents et aux enfants d’envoyer gratuitement à la marque leurs briques inutilisées. LEGO se charge ensuite de les trier, puis de les donner à des enfants, via des associations caritatives locales.
Depuis son lancement en 2019, le programme a déjà permis de sauver près de 80 tonnes de briques LEGO en leur donnant une seconde vie.

Les consommateurs préoccupés

Pour réaliser ses ambitions, LEGO a aussi récemment rejoint la fondation Ellen MacArthur, afin de profiter des différentes expertises de l’ONG, et des initiatives lancées par ses autres membres, comme Veolia. Une fondation qui lutte activement contre la pollution des plastiques, notamment via son projet « Our Ocean », un engagement mondial pour éliminer les déchets plastiques, signé par de nombreuses organisations. On retrouve aussi l’initiative New Plastics Economy, en collaboration avec l’ONU Environnement et comptant Veolia parmi ses membres, qui a la volonté d’éradiquer les déchets plastiques et la pollution générés à la source. Ces engagements font largement écho à ceux de LEGO : « Tout ce que nous entreprenons chez LEGO est centré sur les enfants. Nos ambitions en matière de durabilité ne sont pas différentes. Nous voulons bâtir une meilleure planète pour les générations futures. Et cela passe par la protection de nos ressources naturelles. Devenir une entreprise plus circulaire est la clé pour réussir ce défi », affirme son vice-président en charge de la responsabilité environnementale, dans un récent communiqué.

Un constat partagé par les consommateurs  : selon un sondage du cabinet NPD, 47 % d’entre eux ont déjà renoncé à acheter un jouet à cause de préoccupations environnementales.