Le vélo électrique Ufeel se recharge en pédalant

Au printemps 2020, l’entreprise française Veloci Industries commercialisera le premier vélo électrique sans batterie. Il fonctionnera grâce à l’énergie produite en pédalant.

Là où une batterie lithium-ion ne peut effectuer que quelques milliers de tours de roue, les supercondensateurs peuvent en permettre jusqu’à un million !

Chaque année dans le monde, l’industrie minière produit 43 000 tonnes de lithium. Ce métal, le plus léger de la planète, sert notamment à fabriquer des batteries lithium-ion destinées à alimenter les smartphones, les voitures ou encore les vélos électriques.
Mais la production de ce métal rare a des conséquences écologiques et sociales importantes localement. Elle participe à la raréfaction des ressources en eau ‒ nécessaire en grande quantité pour l’extraction ‒, et est source de pollution, due aux produits chimiques toxiques utilisés et rejetés dans la nature. « Inévitablement, l’extraction du lithium a de graves conséquences sur les sols et contamine aussi l’atmosphère », précise ainsi l’association Les Amis de la Terre. Seules 5 % des batteries au lithium-ion commercialisées dans l’Union européenne sont collectées. En fin de vie, elles sont majoritairement mises en décharge ou incinérées. Un constat préoccupant alors que le marché de la mobilité électrique ne cesse de se développer, notamment celui des vélos à assistance électrique (VAE). En 2017, les ventes de VAE ont en effet progressé en France de 90 % par rapport à 2016, avec 255 000 vélos vendus. Dix ans plus tôt, il s’en était écoulé 10 000. En France, dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, doté de près de 47 milliards d’euros, l’État français a sélectionné le programme de recherche et développement lancé par Veolia et Renault, sous l’appellation RE-B-LIVE, pour « Recyclage des Batteries Li-Ion utilisées dans les véhicules électriques ». Pour l’État, l’enjeu est de favoriser l’émergence d’une filière compétitive de recyclage et de valorisation des batteries automobiles.
En attendant, il faut trouver des systèmes de stockage autres que les batteries lithium-ion. L’entreprise française Veloci Industries a mis au point le premier vélo à assistance électrique sans batterie ni recharge. Baptisé Ufeel, ce vélo autonome « permet de s’affranchir des contraintes de la recharge tout en accompagnant la mobilité verte », argumente Adrien Lelièvre, PDG de Veloci Industries.
Cette innovation fonctionne grâce à des supercondensateurs, un système unique de stockage de l’énergie. Il suffit au cycliste de pédaler, un générateur produit de l’électricité. L’énergie est stockée dans les supercondensateurs qui remplacent ainsi les batteries lithium-ion.
Les avantages de ces supercondensateurs ? D’abord, leur fabrication ne nécessite pas de matériaux rares : seuls du carbone, de l’aluminium et du sel sont utilisés. Par ailleurs, ils sont facilement recyclables. L’aluminium notamment est 100 % recyclable, sans altération de ses propriétés, et son processus de recyclage consomme très peu d’énergie.
Dernier avantage de ces supercondensateurs : leur longue durée de vie. Là où une batterie lithium-ion ne peut effectuer que quelques milliers de tours de roue, les supercondensateurs peuvent en permettre jusqu’à un million !
S’il faut attendre le printemps 2020 pour se procurer ce vélo 100 % autonome, il est déjà possible de voter pour son design sur le site de Ufeel. Quant au prix, il devra s’aligner sur celui des VAE déjà en vente, entre 1 500 et 2 000 €.
 


 

Crédits photos : ©Getty Images 

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