Le Costa Rica, premier pays sans plastique ?

Sur les 4 000 tonnes de déchets solides produites quotidiennement au Costa Rica, 11 % sont des déchets plastiques non traités.

Petit écrin de verdure niché entre la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, le Costa Rica est une référence en matière d’écotourisme . Des voyageurs du monde entier viennent y découvrir sa faune et sa flore luxuriante. Et pour cause : le pays regroupe sur son tout petit territoire pas moins de 6 % de la biodiversité mondiale.

La nature est le principal atout du Costa Rica. Le gouvernement l’a bien compris et a entamé depuis les années 1980 de nombreuses actions pour la préserver : fermeture des zoos, reforestation, création de zones protégées (25 % de la surface totale du pays), etc. En 2009, le président du Costa Rica a annoncé un vaste plan visant à afficher un bilan carbone neutre d’ici 2021. Premier chantier pour atteindre cet objectif : renforcer le développement des énergies renouvelables. En 2015, le pays a accompli un exploit en recourant exclusivement à de l’électricité verte pendant 250 jours.
 

Fléau mondial

Le nouveau grand combat du gouvernement ? Le plastique, dont la production génère beaucoup de CO2. Plus précisément le plastique à usage unique : sacs, gobelets, pailles, couverts, bouteilles, etc. Autant d’objets du quotidien dont la durée d’utilisation dépasse rarement les quelques dizaines de minutes, mais qui mettent plusieurs centaines d’années à se dégrader dans la nature. À tel point que le dernier rapport de la Fondation Ellen MacArthur estime que d’ici 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans l’océan.

Le Costa Rica n’échappe pas à ce fléau mondial : sur les 4 000 tonnes de déchets solides produites dans le pays chaque jour, 11 % sont des déchets plastiques non traités qui polluent les rivières, les plages et les sols. Le 5 juin 2017 – date de la Journée mondiale de l’environnement –, le pays a annoncé son nouveau plan national pour éradiquer tous les plastiques à usage unique d’ici 2021. Ils devront être remplacés par des alternatives 100 % recyclables ou biodégradables et non issues de la transformation du pétrole.
 

Plateforme en ligne

Pour y parvenir, le pays dispose du soutien technique et financier du Programme des Nations unies pour le développement, notamment pour encourager la R&D dans ce domaine. Cette stratégie se base par ailleurs sur une plateforme en ligne sur laquelle tous les Costariciens – entreprises comme citoyens – peuvent suivre l’évolution des actions mises en place, mais aussi enregistrer leurs propres produits ou matières alternatives. Le gouvernement estime que cette décision devrait augmenter de 30 % l’activité économique liée à la production et au commerce de matières renouvelables.

Au même titre que l’île El Hierro dans l’archipel des Canaries qui fonctionne uniquement aux énergies renouvelables , la petite taille d’un pays comme le Costa Rica est un atout pour expérimenter des projets de préservation de l’environnement. Et inspirer les plus grands…
 
 
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