La déconstruction écoresponsable de deux fleurons de la Marine nationale française

En valorisant 90 % des matières issues du démantèlement de la Jeanne d’Arc, Veolia et la Marine nationale ont fait le pari d’une déconstruction industrielle écoresponsable.

En 2014, Veolia s’est vu confier le chantier de déconstruction de deux fleurons de la Marine nationale française, les coques Q860 et Q683 – ex-porte-hélicoptères Jeanne d’Arc et croiseur Colbert, que les autorités militaires ont décidé de désarmer.

Ce chantier d’envergure répond à l’ambition de la Marine nationale de déconstruire et recycler les navires en fin de vie, dans une démarche de développement durable, tout en protégeant l’environnement et les personnes

Pour l’ex-Jeanne d’Arc, l’objectif était de recycler 90 % des matières composant le navire : essentiellement de la ferraille, mais aussi des métaux non ferreux, des équipements électriques ou électroniques, des câbles, du bois et même du mobilier. Les 10 % restants sont dirigés vers des filières de traitement spécifique : déchets industriels non dangereux, déchets dangereux, déchets amiantés (près de 350 tonnes), effluents hydrocarburés.

 

Une opération hors normes en deux temps

La taille imposante de l’ex-Jeanne d’Arc ‒ 180 m de long et 9 000 tonnes ‒ fait de son démantèlement un chantier hors normes. C’est en 1964 que « la Jeanne », comme la surnomment les marins, prend la mer pour la première fois. Le navire de guerre porte-hélicoptères sera l’école d’application pour des générations d’officiers de la Marine et fera 797 escales à travers le monde dans 84 pays avant d’être retiré du service en 2010. Son dernier voyage, le navire l’effectuera en octobre 2014 de Brest à Bassens, sur l’emprise du Grand port maritime de Bordeaux. Un site qui dispose d’une forme de radoub de 240 m de long et 35 m de large et capable d’accueillir des navires de cette envergure.
L’activité Recyclage & Valorisation des Déchets de Veolia en France a conduit le chantier en deux temps. La première phase a consisté à dépolluer et évacuer les matières dangereuses, comme l’amiante. Extrêmement complexe, cette étape a mobilisé près de quarante désamianteurs pendant plus d’un an. Avec assistance respiratoire systématique et confinement total pour assurer la sécurité maximale des personnels concernés et de l’environnement. Prouesse technique, le chantier l’était aussi en matière de normes de sécurité particulièrement drastiques au vu du caractère exceptionnel de l’opération.
La seconde phase a concerné la déconstruction à proprement parler. D’abord au niveau du « château » ‒ la structure supérieure du bateau –, qui a été débité en morceaux de 20 tonnes d’acier environ, découpé et mis aux normes. Puis c’est la coque qui, à son tour, a pu être démantelée. L’autre point fort de ce chantier consistait à assurer une traçabilité totale des matériaux valorisables comme des déchets issus de cette déconstruction. L’acier mis en barge a ainsi été refondu dans les aciéries du Pays basque français et espagnol, les autres métaux non ferreux ont été acheminés dans des fonderies françaises et européennes, les D3E ont été traités sur le site de Veolia à Angers, les liquides et fluides à Bassens sur le site de la SIAP – Veolia Groupe SARPI.
 

 

Début 2017, l’ex-croiseur Colbert a pris la suite de la Jeanne d’Arc et la déconstruction de ses 8 500 tonnes est en train de s’achever sur le site de Bassens. Au final, près de quatre ans auront été nécessaires pour mener à bien ces chantiers qui ont permis de mettre en lumière un pôle d’excellence français en matière de recyclage industriel.
 

EN SAVOIR PLUS

Sur le recyclage et la valorisation des déchets par Veolia
 

Crédits : Phototheque VEOLIA - Christophe Majani d'Inguimbert

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