En Australie, on fabrique des routes avec des cartouches d’encre recyclées

À Melbourne, les entreprises Downer et Close the Loop ont développé un matériau innovant à base de cartouches d’encre usagées. Baptisé TonerPave, il permet de construire des routes plus durables.

Le TonerPave affiche une empreinte carbone 23 % plus faible que les revêtements traditionnels.

Chaque seconde, 54 cartouches d’encre sont utilisées dans le monde, soit 1,1 milliard par an. Or leur fabrication est très coûteuse pour l’environnement. Il faut 3,5 litres de pétrole pour créer une seule cartouche de 90 ml. Quant au plastique qui les constitue, il peut mettre jusqu’à mille ans pour se décomposer.
Autre problème : rares sont les cartouches usagées à connaître une nouvelle vie. Pour beaucoup, elles sont incinérées. Certaines sont valorisées, mais sans récupération de composants, précise l’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée) dans un rapport publié en septembre 2017
En 2013, le fournisseur de routes australien Downer a décidé de se saisir de ce problème. Il s’est associé à la société de collecte et de valorisation des déchets Close the Loop pour fabriquer des routes à base de cartouches d’encre usagées. Ensemble, ils ont mis au point le « Modified Toner Polymer » (MTP) : un mélange de cartouches d’encre broyées, constitué de plastique, de cire, de minéraux et de restes de pigments.
Combiné à de l’asphalte et à de l’huile de moteur recyclés, ce Modified Toner Polymer a donné naissance à un nouveau type d’asphalte à faible émission de CO2, baptisé TonerPave.
 

Des routes plus solides et moins chères

Selon les fabricants de TonerPave, chaque tonne de MTP utilisée remplace 600 kg de bitume et 400 kg de granulats fins (terre, sable…). En évitant notamment l’extraction de ces matières vierges, le TonerPave a une empreinte carbone 23 % plus faible que les revêtements traditionnels, précise le quotidien The Guardian. Quant aux routes, elles sont plus solides, selon le fabricant, présentent moins de fissures et coûtent moins cher à la production. 
Et ce n’est que le début ! À l’avenir, les deux entreprises espèrent inclure de nouveaux matériaux recyclés dans leurs revêtements. De quoi valoriser des ressources encore trop souvent considérées comme des déchets.

 

Image principale : @Jamie Williams/ City of Sydney

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