Économie circulaire : 5 start-up à suivre en 2019

Pour répondre aux grands enjeux environnementaux, cinq start-up des quatre coins de la planète s’engagent à rendre notre économie plus circulaire en 2019. Coup d’œil sur leurs innovations.

Baptisé Curran, cet agent est produit par l’extraction de nanofibres de cellulose issues de déchets de racines de légumes, comme la carotte et la betterave sucrière. En milieu naturel, il faudrait un siècle pour produire un centimètre de terre fertile. Edaphos peut produire un sol fertile en quelques mois seulement. Dans le bassin d’Arcachon, en Nouvelle-Aquitaine, Femer est une start-up qui fabrique du cuir de poisson à partir de peaux issues du monde agroalimentaire maritime.

1. CELLUCOMP, un additif pour béton 100 % naturel à base de légumes

La fabrication du ciment représente environ 7 à 8 % des émissions mondiales de CO2. Pour limiter l’utilisation de celui-ci, la start-up écossaise CelluComp a développé une alternative : un additif 100 % durable pour les produits industriels. Baptisé Curran, cet agent est produit par l’extraction de nanofibres de cellulose issues de déchets de racines de légumes, comme la carotte et la betterave sucrière. Il peut être utilisé dans une large variété de produits : des peintures, des matériaux composites, du béton, de la papeterie, mais aussi pour l’alimentation et les produits pharmaceutiques. Un excellent matériau pour remplacer le ciment et qui, ajouté au béton, permet même d’augmenter sa résistance. De quoi réduire les émissions mondiales de dioxyde de carbone et préserver la planète.
 

2. LONO, un microdigesteur pour produire du biogaz chez soi

En Afrique subsaharienne, la consommation de bois et de charbon – principalement à usage domestique – représente plus de 60 % de la demande en énergie locale. C’est aussi l’une des causes de la déforestation sur ce continent. Pour faire face à ce problème, la start-up LONO, installée en Côte d’Ivoire depuis 2016, a lancé le KubeKo Solar Biogaz. Ce microdigesteur de biomasse, accessible aux populations rurales, fonctionne sur un principe très simple : des déchets organiques domestiques et agricoles, qu’ils soient liquides ou solides, sont placés dans cet appareil qui permet de produire du biogaz. Celui-ci peut ensuite être utilisé par exemple pour permettre une cuisson propre dans le foyer, comme biofertilisant, et même comme électricité pour couvrir les besoins énergétiques d’un ménage.
 

3. EDAPHOS, créer une terre fertile en valorisant des déchets de chantier

Érosion, perte de nutriments et de biodiversité, acidification, pollution et salinisation… Chaque année, entre 25 et 40 milliards de tonnes de « l’épiderme » de la planète disparaissent. De nombreuses parcelles de terre deviennent donc stériles, inutilisables pour l’agriculture. Transformer ces terres inertes en sols fertiles, c’est toute l’idée de la start-up suisse Edaphos. Comment ? Grâce à un procédé d’ingénierie biologique, basé sur les propriétés du mycélium, la partie végétative des champignons. Celui-ci permet de transformer des déchets de chantier (gravats, plâtre…) en terre fertile pour l’agriculture, l’horticulture ou la viticulture, en accélérant le processus de renouvellement des sols. Les déchets de chantier sont valorisés directement sur les sites de construction et ils permettent d’approvisionner les différents besoins en terre : réhabilitation de friches industrielles, sols agricoles érodés, parcs et jardins urbains. En milieu naturel, il faudrait un siècle pour produire un centimètre de terre fertile. Grâce à cette innovation, Edaphos peut produire un sol fertile en quelques mois seulement.
 

4. SULAPAC, des pailles biodégradables faites à partir de résidus de bois

Pailles, couverts, gobelets, Cotons-Tiges… Tous ces produits à usage unique seront interdits d’ici 2021 dans l’Union européenne. Pour se préparer à ce changement, la start-up Sulapac a développé en Finlande une solution plus respectueuse de l’environnement en partenariat avec l’entreprise de matériaux renouvelables Stora Enso. Son idée ? Des pailles recyclables, exemptes de microplastiques et totalement biodégradables en milieu marin. Celles-ci sont réalisées à partir de résidus de bois issus de la sylviculture et de liants naturels. L’entreprise espère les commercialiser auprès des fournisseurs de pailles dans les prochains mois.
 

5. FEMER, recycler des peaux de poissons en cuir

Plus de 230 000 tonnes de déchets issus de la pêche sont générées chaque année dans le monde. Des rebuts qui sont encore trop peu valorisés, d’après l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer (FranceAgriMer).
Dans le bassin d’Arcachon, en Nouvelle-Aquitaine, Femer est une start-up qui fabrique du cuir de poisson à partir de peaux issues du monde agroalimentaire maritime. Autrefois jetées par les poissonniers, les peaux de truite, de saumon ou de bar sont aujourd’hui transformées en cuir au moyen d’un tannage 100 % végétal, composé de tanins de mimosas et de noix de galle, développé par l’entreprise Femer. « C’est uniquement parce que les peaux sont des résidus de la filière alimentaire que l’entreprise les transforme en cuir », précise l’entreprise pour qui l’écoresponsabilité est au cœur de ses préoccupations et de son développement. Et pour donner accès à l’emploi à tous, la start-up travaille pour certains procédés de tannage en collaboration avec un établissement qui favorise le travail des personnes handicapées. De quoi faire rimer l’économie circulaire avec le solidaire.
 

Image principale : © Veolia © Noémie Rosse

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