De l’aluminium zéro carbone dans votre iPhone

Posted on 05 mai 2020.

Fin 2019, Apple a annoncé avoir acheté le tout premier lot commercial d’aluminium à zéro émission de carbone. Fabriqué par Elysis, une joint-venture entre Alcoa et Rio Tinto, il sera utilisé dans certains produits de la marque à la pomme.

Une révolution qui pourrait changer la façon dont on fabrique l’un des métaux les plus largement utilisés au monde.

L’aluminium est l’un des métaux les plus utilisés au monde. C’est aussi un matériau clé pour Apple, puisque le fabricant utilise des boîtiers en aluminium dans la majorité de ses appareils électroniques (iPhone, ordinateurs Mac, iPad, etc.). Mais, comme tout procédé métallurgique, sa production a un impact sur l’environnement.

Dans le cadre de son engagement visant à réduire son empreinte environnementale, Apple cherche à fabriquer ses produits à partir de procédés et de matériaux plus durables. En 2018, la firme annonçait par exemple la commercialisation de MacBook Air fabriqués en aluminium recyclé. En investissant dans le développement d’un aluminium à zéro émission de carbone, Apple franchit un nouveau cap.

Dans un communiqué en 2018, Apple affirmait avoir joué « un rôle décisif dans la création d’une coentreprise [entre Alcoa et Rio Tinto, producteurs d’aluminium,] qui pourrait transformer l’avenir de la fabrication mondiale ». Apple a agi comme un catalyseur dans le développement d’une nouvelle technologie de fusion de l’aluminium et s’est associé aux deux producteurs d’aluminium.

La participation d’Apple remonte en fait à 2015, lorsque trois de ses ingénieurs découvrent qu’Alcoa, le troisième plus grand producteur d’aluminium au monde, est en train de mettre au point une nouvelle méthode de production permettant d’éliminer les émissions directes de gaz à effet de serre provenant du procédé de fusion, une étape clé dans la fabrication du métal aluminium.

 

De l’O2 à la place du CO2

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce procédé n’a pas changé depuis son invention simultanée, à la fin du xixe siècle, par Paul Héroult en France et Charles Martin Hall – le fondateur d’Alcoa – aux États-Unis. Il consiste à soumettre de l’alumine, extraite de la bauxite et introduite dans des cuves d’électrolyse avec des additifs, à un puissant courant électrique afin de provoquer une réaction d’oxydoréduction. Cette réaction chimique dégage des gaz à effet de serre, tels que du dioxyde de carbone, en quantité importante.   Or, le nouveau procédé développé par les équipes R&D d’Alcoa permet de remplacer les matières carbonées par « un matériau conducteur évolué » qui, au lieu d’émettre du dioxyde de carbone (CO2), libère du dioxygène (ou oxygène, O2). Une révolution qui pourrait changer (enfin !) la façon dont on fabrique l’un des métaux les plus largement utilisés au monde.

Pour perfectionner cette technologie de fusion, et permettre une production et une commercialisation de l’aluminium zéro carbone à grande échelle, Alcoa s’est allié avec Rio Tinto, groupe minier anglo-australien, formant la coentreprise ElysisEn introduisant cet aluminium dans ses produits, Apple montre qu’il est possible de fabriquer différemment les appareils électroniques de notre quotidien.

CRÉDITS PHOTOS : image principale © Getty Images