Corsican Blue Project, le navire antipollution made in Corse

Publié le 23 avril 2020

Alors qu’une île de plastique a été découverte au large de la Corse, trois jeunes insulaires travaillent depuis plusieurs années sur la construction d’un navire bardé de technologies antipollution, le Corsican Blue Project.

Plusieurs dizaines de kilomètres, c’est la longueur de l’île de plastique découverte en mai 2019 en mer Méditerranée, entre la Corse et l’île d’Elbe. Déchets plastiques et autres résidus solides, eaux noires (eaux contenant matières fécales et urine) et eaux usées domestiques, eaux de cales (eau salée contenant des hydrocarbures accumulés dans les cales des navires), hydrocarbures… Telles sont les différentes sources de pollution identifiées au large de l’île de Beauté. Une pollution qui a de graves conséquences sur le milieu marin.

C’est la raison pour laquelle Nicolas Mazotti, Ludovic Amouroux et Julien Torre, trois jeunes marins corses, souhaitent créer une compagnie maritime basée à Bastia, spécialisée dans la veille permanente, la protection du littoral et la sensibilisation du grand public. Pierre angulaire de cet ambitieux projet baptisé Corsican Blue Project, la construction d’un navire antipollution autonome et polyvalent. Un navire capable d’intervenir 24h/24, 7j/7 sur l’ensemble du littoral corse, offrant ainsi aux autorités de l’île un moyen d’action rapidement disponible en cas d’urgence (un déversement d’hydrocarbures, par exemple).
 

Production d’eau douce à bord

La conception de ce navire a été confiée au cabinet d’architecture navale français Ship-ST, connu pour ses solutions « zéro émission ». Il sera équipé de technologies innovantes pour collecter, stocker et valoriser les déchets liquides et solides présents en surface. Par exemple, l’équipe de Corsican Blue Project souhaite pouvoir produire de l’eau douce à bord par osmose inverse, un système de filtrage très fin ultraperformant, utilisé notamment pour désaliniser l’eau de mer.

Grâce à cette technologie, le navire pourra ravitailler les communes touchées par la sécheresse, ou collecter les eaux grises des embarcations de plaisance pour les transformer en eau utilisable pour le nettoyage des bateaux, rapporte Corse-Matin. En 2017, selon Corsican Blue Project, 17 500 000 litres d’eaux usées ont été rejetés par les bateaux de plaisance dans les ports de Corse.

 

CRÉDITS PHOTOS : Image principale © Getty Images