Conférence à La REcyclerie : la connexion au cœur de l’économie circulaire

L’économie circulaire crée un lien physique entre les acteurs du territoire dans une logique d’optimisation et de mutualisation des ressources. La dernière Conférence 2C de Veolia avait donc pour thème « la connexion au cœur de l’économie circulaire ».

Pour la troisième année consécutive, la Fondation Veolia organise les « conférences 2C » à La REcyclerie – dont elle est le partenaire principal.Destinées aux étudiants et au grand public, ces conférences ont vocation à leur transmettre les clés du déploiement d’une économie circulaire, plus respectueuse des ressources de la planète. 
Comme chaque année, les conférences sont animées par des intervenants issus d’organismes partenaires : l’Ecole des Ponts, l’Institut national de l’économie circulaire et l’association CliMates.  Avec une nouveauté pour 2018 : les « conférences 2C » sont désormais parrainées par Dominique Bourg, philosophe et président de la Fondation pour la nature et pour l’homme
Mardi 13 février, la première conférence a donné le coup d’envoi de la programmation 2018 avec pour thème « la connexion au cœur de l’économie circulaire ». 
 

Le point de départ : un réel enjeu d’approvisionnement en ressources

 
Commençons par rappeler un principe de base : pourquoi a-t-on besoin de l’économie circulaire ?  « Si on regarde le taux d’indium – cette matière utilisée pour fabriquer les écrans plats de nos smartphones ou de nos téléviseurs – les ressources planétaires seront complètement épuisées dans 16 ans » explique Emeric Fortin, professeur à l’Ecole des Ponts. Pour continuer à consommer tel que nous le faisons aujourd’hui, nous devons relever un vrai défi d’approvisionnement en ressources. Sans compter que d’ici 2050, nous serons 10 milliards d’êtres humains sur Terre et que le développement des classes moyennes mondialesva provoquer un accroissement de la demande en biens de consommation.
 
Dans ce contexte de raréfaction globale des ressources, trois options s’offrent donc à nous : soit nous trouvons un substitut aux matières en passe d’être épuisées, soit nous arrêtons de produire les biens de consommation auxquels nous sommes habitués, soit nous allons chercher la matière là où elle existe déjà, c’est à dire dans nos déchets. C’est le principe de l’économie circulaire.
 
 

L’économie circulaire, source de multiples connexions

 
Pour Emmanuelle Moesch de l’Institut national de l’économie circulaire, l’économie circulaire est source de multiples connexions entre l’ensemble des parties prenantes.
 
Le premier enjeu consiste à reconnecter les citoyens avec le monde économique, de manière à ce qu’ils en deviennent acteur. En effet, quand un citoyen choisit de faire un achat durable, de se tourner vers l’économie circulaire ou l’économie de la fonctionnalité, quand il décide de recycler ses objets en fin de vie, il change sa connexion au monde économique. Chaque acte de consommation durable équivaut à un vote en faveur d’une économie plus responsable. Il peut ainsi influencer les entreprises mais aussi les acteurs publics à modifier leur offre. Par exemple, en choisissant de rouler en Autolib ou à Vélib plutôt que de posséder un véhicule, le citoyen incite sa ville à faire évoluer ses services de mobilité.
 
La deuxième connexion est celle qui relie les acteurs économiques entre eux, au sein d’un territoire. Le but : mutualiser les flux de matières et d’énergies. Les acteurs doivent se mettre autour d’une table pour identifier dans quelle mesure les déchets des uns peuvent devenir les ressources des autres et comment faire pour y parvenir. Par exemple, savoir qu’une bouteille en plastique peut être transformée en filaments pour l’impression 3D est une chose, mais il faut ensuite s’assurer que la bouteille est recyclée avec la qualité suffisante pour créer les filaments. Sans cet échange entre les acteurs, impossible de connaître cette information et donc impossible de transformer les déchets en ressources.
 
La troisième connexion est la co-construction entre l’Etat et les différentes parties prenantes pour construire le cadre réglementaire dans lequel se développe l’économie circulaire. Par exemple, le gouvernement français travaille actuellement à la feuille de route « Economie circulaire ». Dans ce cadre, une plateforme de consultation a été ouverte en ligne, sur laquelle chacun est invité à faire part de ses remarques et de ses besoins. Des ateliers de consultation sont également organisés avec différents acteurs économiques.
 

La connexion au coeur de la politique publique d’économie circulaire de la ville de Paris

 
Depuis 2014, la ville de Paris a mis en place une politique publique d’économie circulaire. Anita Ravlic, chargée du pilotage de l’économie circulaire pour la ville de Paris, explique comment, à chaque étape de sa construction, la connexion entre les acteurs a été cruciale.
 
Tout a commencé en 2014 avec le lancement d’un diagnostic pour identifier les flux de matériaux et d’énergies entrant et sortant de la ville. Ce diagnostic s’est accompagné d’un appel à projets qui a permis d’identifier les acteurs privés du territoire susceptibles d’apporter des solutions. La vraie plus-value a surtout été de favoriser leur rencontre, qui a permis de développer une solution de collecte et de traitement des biodéchets des cantines pour alimenter les brasseurs parisiens en drèches.
 
En 2015, la ville a organisé les Etats généraux de l’économie circulaire. Ils ont réuni plus de 200 acteurs (entreprises, associations, autres collectivités, etc.) autour d’ateliers et de temps de rencontre et d’échange. Cela a créé un formidable réseau d’acteurs engagés sur lequel la ville s’appuie au quotidien pour construire la politique publique. De ces Etats généraux ont émergé 65 propositions concrètes, qui ont été consignées dans un Livre blanc. La Mairie de Paris a ensuite annoncé en 2017 son plan Economie circulaire.
 
Ce plan comporte une feuille de route autour de 15 actions, dont 5 sont dédiées à la connexion entre les acteurs. Parmi ces actions, on peut notamment parler du projet « Les deux rives ». C’est le nom du quartier situé entre les gares de Lyon, Bercy et Austerlitz, appelé à être le premier « quartier circulaire parisien ». Quatrième quartier d’affaire de la capitale, il regroupe 5 000 entreprises qui emploient au total plus de 100 000 personnes. En collaboration avec la RATP, la Mairie de Paris met autour de la table toutes les entreprises volontaires pour réfléchir à la mutualisation des équipements, des services et à l’échange des flux de déchets. « C’est une démarche unique et novatrice, j’espère qu’elle portera ses fruits et arrivera à générer de nouveaux modèles ! » s’enthousiasme Anita Ravlic.
 

Un exemple de stratégie d’économie circulaire dans le cadre d’un partenariat public-privé

 
Pour terminer la conférence, Amélie Rouvin – responsable de l’engagement « Economie circulaire » chez Veolia – a présenté l’exemple de Durban, en Afrique du Sud. La ville regroupe 3,5 millions de personnes et constitue le deuxième pôle industriel du pays. Les enjeux d’approvisionnement en eau sont donc conséquents pour les citoyens, les industries et l’agriculture, alors que Durban est située dans une zone de fort stress hydrique. C’est-à-dire que la demande en eau dépasse largement les ressources disponibles.

En 1999, à la demande de la ville, Veolia a construit une station de recyclage des eaux usées, qui permet de recycler 98 % des eaux usées municipales. Cela correspond à l’équivalent de 13 piscines olympiques économisées chaque jour ! Le bénéfice est clair pour l’environnement (préserver lae ressource en eau douce) mais aussi pour les industries : l’eau recyclée leur permet de réaliser 60 % d’économies sur leur facture d’eau mais aussi de sécuriser leur approvisionnement en volume et en qualité nécessaire à leur process. Auparavant, les industries locales étaient alimentées par le réseau d’eau potable, or en cas de sécheresse et de pénurie, l’eau va en priorité aux habitants.

La particularité de ce projet ? Un modèle contractuel innovant. Dans la mesure où la collectivité ne pouvait pas se lancer seule, l’usine a été construite dans le cadre du premier partenariat public-privé d’Afrique du Sud. Veolia a investi financièrement et a construuit le site. Le Groupe se rémunère  sur la vente de l’eau aux industriels, et ce, en partage avec la municipalité, alimentant un Fonds pour financer l’accès des populations défavorisées à l’eau potable. Ce partenariat comprend donc un volet social important, qui prévoit également la création d’emplois et le transfert de compétences. Voilà une belle illustration d’une stratégie d’économie circulaire mise en place en connectant une entreprise (Veolia) et une collectivité (Durban), tout en répondant aux besoins des industries locales et des habitants.
 
En conclusion, n’oublions pas que la connexion la plus importante est celle entre les citoyens. Chacun, à son échelle, a un rôle à jouer pour transformer l’économie vers un modèle plus vertueux. En région parisienne, vous pouvez d’ailleurs vous rendre sur le site du Paris durable pour vous mettre en relation avec différents acteurs et faire naître des solutions : des jardins partagés, du troc d’objets, du recyclage ou encore des nouvelles façons de consommer.
 
Rendez-vous le 15 mai 2018 à La REcyclerie pour la prochaine « conférence 2C » !

EN SAVOIR PLUS : 

Quand l’industrie carbure aux eaux usées 
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> Voir la vidéo 11ème Conférence Circulaire de la Fondation Veolia (version longue)
 
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