Cette usine Renault carbure aux grignons d’olives !

La première usine automobile zéro carbone. Voilà le défi relevé par Renault et Veolia à Tanger, au Maroc, grâce à l’utilisation de grignons d’olives comme biomasse pour couvrir les besoins énergétiques de l’usine.

Dans cette boucle courte d’économie circulaire, la biomasse couvre 100 % des besoins thermiques du site et permet d’éviter l’émission de 135 000 tonnes de CO2 chaque année.

Face au  défi de la transition énergétique, les industries ont tout leur rôle à jouer pour faire évoluer leurs modes de production et réduire leur impact environnemental. 

En 2010, elles étaient ainsi responsables de 21 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. (GIEC). Si l’on prend en compte les émissions liées à la production d’énergie dédiée à ce secteur,  les émissions globales de gaz à effet de serre de l’industrie atteignent 31 %. 



Parmi ces industries figure le secteur automobile. De nombreux groupes automobiles prennent conscience de la nécessité de réduire leur consommation d’énergie, à l’instar du groupe Renault. Leader français du secteur automobile, il s’est  fixé pour objectif de réduire de 3% par an, entre 2010 et 2016, l’empreinte carbone de l’ensemble de ses activités : industrie, ingénierie, transport, commerce. En 2012, le constructeur automobile s’est associé à Veolia pour repenser le système d’approvisionnement énergétique de l’une de ses nouvelles usines, à Tanger au Maroc.
Pour mettre au point la solution la plus adaptée, Veolia a d’abord passé au crible tous les postes de consommation énergétique de la chaîne de production de l’usine de Tanger. Il est ressorti de cet audit que l’atelier de peinture des voitures était le plus énergivore.
Ce département exige en effet la production en continu d’une eau surchauffée à 120 °C, nécessaire au chauffage des étuves de peinture. Cela représente 70% de la consommation d’énergie thermique du site !
Pour répondre à ce besoin d’énergie tout en réduisant les émissions carbone, Renault et Veolia ont eu l’idée d’utiliser la biomasse locale : des « grignons d’olive », un mélange de peaux, de résidus de pulpe et de fragments de noyaux d’olive. Une énergie renouvelable neutre en carbone et abondante, ce co-produit est issu de l’industrie de l’huile d’olive du pays.
Les grignons sont brûlés pour alimenter continuellement les trois chaufferies de l’atelier. Et parce que “rien ne se perd, tout se transforme”, après l’incinération des grignons, les cendres sont récupérées afin d’être utilisées comme engrais naturel pour l’agriculture locale. 
Dans cette boucle courte d’économie circulaire, la biomasse couvre 100 % des besoins thermiques du site. Conçues pour accompagner l’augmentation de la production du site aujourd’hui de près 320 000 véhicules par an, les chaudières biomasse consomment près de 25 000 tonnes de résidus chaque année. 
Elle permet aussi d’éviter l’émission de 100 000 tonnes de CO2 chaque année. Le reste de l’énergie utilisée  provient de l’éolien.
Avec ce procédé, cette usine Renault, parmi les plus importantes du groupe, est ainsi devenue la première usine automobile « zéro carbone et zéro émission ». 

Au-delà du « zéro carbone et zéro émission », le « zéro rejet » complète la performance environnementale du site. Le taux de recyclage des déchets de l’usine atteint 98 %. Un système innovant de recyclage de l’eau avec une boucle fermée, le « zéro industrial liquid discharge », permet également de diviser par deux la consommation d’eau par véhicule produit et d’économiser environ 300 000 m3 d’eau par an.
L’usine Renault de Tanger est devenue une référence mondiale en matière d’excellence environnementale.
 

 

Image principale : © Mediathèque Veolia-Christophe Majani d'Inguimbert

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