BioCellection met la chimie au service du recyclage du plastique

Posted on 27 février 2020.

Jeune « championne de la Terre » pour l’Amérique du Nord, Miranda Wang est cofondatrice et directrice générale de BioCellection. Sa start-up transforme les déchets plastiques en or, ou plus exactement en produits chimiques à forte valeur marchande.

« Notre innovation libère le potentiel d’utilisation des déchets plastiques comme une ressource pour remplacer les énergies fossiles dans des chaînes de production durables. »

Seulement 9 % du volume total des déchets plastiques produits depuis le début des années 1950 ont été recyclés. Les 91 % restants ? Envoyés dans des décharges, incinérés ou rejetés dans l’environnement. Deux chiffres qui donnent la mesure du problème de la pollution plastique.
C’est pour participer à la résolution de ce problème que Miranda Wang et Jeanny Yao, deux jeunes entrepreneuses canadiennes, ont fondé BioCellection. Comment ? En développant des solutions novatrices qui se concentrent sur les plastiques peu ou pas recyclés à l’heure actuelle en raison de leur hétérogénéité ou de leur degré de contamination.
Leur start-up a ainsi mis au point un procédé de recyclage permettant de transformer les matières plastiques (notamment le polyéthylène) en produits chimiques de très haute qualité et à forte valeur marchande, qui pourront être utilisés dans la fabrication de nouveaux produits.
La technologie BioCellection repose sur un procédé de recyclage chimique. Elle consiste à rompre les liaisons chimiques entre les molécules pour les réduire en molécules simples grâce à une transformation de la matière. 
Les acides organiques qui en résultent (acides succinique, glutarique, adipique, entre autres) sont des produits chimiques intermédiaires, qui entrent dans la composition de nombreux matériaux haute performance utilisés notamment dans les voitures, les appareils électroniques ou les vêtements. L’acide adipique, par exemple, est utilisé pour la fabrication du nylon.
Jusqu’alors, ces produits chimiques intermédiaires étaient issus de dérivés du pétrole. Grâce à BioCellection, ils sont pour la première fois fabriqués à partir de déchets plastiques. La start-up traite de 1 à 2 kg de film plastique toutes les trois heures. Et 90 % des déchets plastiques sont convertis en produits chimiques biodégradables. Pour arriver à ce résultat, la start-up n’utilise pas plus d’énergie qu’un écran de télévision.
 

Franchir l’étape industrielle

« Notre innovation libère le potentiel d’utilisation des déchets plastiques comme une ressource pour remplacer les énergies fossiles dans des chaînes de production durables », explique BioCellection sur son site Internet.
De fait, face aux milliards de tonnes de déchets plastiques qui s’accumulent, en particulier ceux qui sont difficiles à recycler de manière traditionnelle, de nombreux spécialistes estiment qu’il est nécessaire de recourir à des procédés de recyclage chimique, complémentaires au recyclage mécanique.
Ces nouvelles technologies apparaissent comme un moyen de plus pour répondre aux enjeux d’économie circulaire, en réduisant la pollution plastique et la dépendance aux énergies fossiles. Elles sont toutefois plus coûteuses et peinent à franchir l’étape industrielle.
Conscientes de ces freins, Miranda Wang et Jeanny Yao travaillent actuellement avec l’entreprise de recyclage GreenWaste Recovery et la ville de San José, en Californie, sur un projet pilote visant à développer la technologie de manière à pouvoir l’intégrer facilement et de façon industrielle au sein des systèmes de gestion des déchets existants.