À Berlin, ces deux associations luttent contre le gaspillage d’objets

Peinture, carrelage ou encore emballages… Chaque année, des matériaux pourtant en parfait état terminent dans nos poubelles. Pour lutter contre ce gâchis, deux associations berlinoises ont décidé de les revendre.

« Ce que les autres personnes appellent des déchets est pour nous une ressource précieuse », précisent les deux fondatrices de Material Mafia.

En 2015, l’Allemagne a produit 351,2 millions de tonnes de déchets. Parmi eux, on trouve des matériaux et objets en parfait état, parfois jetés sans même avoir été utilisés. Une aberration écologique, sachant que la fabrication de ces produits a nécessité l’utilisation de matières premières et d’énergie. Pour éviter que ces matériaux considérés à tort comme des déchets ne finissent dans les décharges, les associations berlinoises Kunst-Stoffe et Material Mafia ont décidé de leur offrir une seconde vie.

Tout commence en 2006, lorsque Corinna Vosse fonde Kunst-Stoffe dans le quartier de Pankow. Il s’agit alors du premier centre de récupération pour la réutilisation de matériaux destinés à la poubelle en Allemagne. Depuis, l’association à but non lucratif a fait des émules dans le pays et de nouveaux centres ont vu le jour. 

De leur côté, en 2011, les Berlinoises Katja von Helldorff et Simone Kellerhoff ont créé une entreprise sociale baptisée Material Mafia. « Ce que les autres personnes appellent des déchets est pour nous une ressource précieuse », précisent les deux fondatrices de Material Mafia au quotidien allemand Der Tagesspiegel.
 

Vers le réemploi solidaire

Kunst-Stoffe et Material Mafia fonctionnent selon le même principe. Les deux organismes collectent des matériaux auprès de magasins de bricolage, d’artisans, d’entreprises, de salons d’exposition ou encore de particuliers. Une grande partie de leur stock comprend des déchets de bois, des rouleaux de carton, de la peinture, mais aussi du carrelage, du matériel de décoration et du tissu.

Une fois récupérés, ces sous-produits sont revendus à bas coût à des artistes, des écoles ou encore à des centres d’activités de loisirs à destination de jeunes. Une manière d’allier réemploi de matériaux ‒ l’un des piliers de l’économie circulaire ‒, solidarité et circuit court.

Et pour sensibiliser la population berlinoise au développement durable et à la nécessité de limiter au maximum le gaspillage, Kunst-Stoffe et Material Mafia proposent notamment des journées pédagogiques qui interrogent notre consommation d’objets et ses conséquences sur le climat. Mais organisent aussi des ateliers de surcyclage artistiques pour enfants, adolescents et adultes. De quoi favoriser leur créativité circulaire.
 

 

Image principale : © Getty

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