Au pays de KFC, on transforme les fientes de poulets en électricité

Aux États-Unis, grâce à Veolia, une centrale électrique biomasse est alimentée par des fientes de poulets. Une idée 100 % circulaire qui permet de lutter contre la pollution des cours d’eau tout en valorisant des déchets.

« Une production de volailles à l’origine de 5 millions de tonnes de déchets, contenant de grandes quantités d’azote et de phosphore. »

Avec plus de 513,3 millions de poulets élevés chaque année, la Caroline du Nord est devenue en 2017 le premier producteur de volailles et d’œufs des États-Unis. Une production intensive à l’origine de 5 millions de tonnes de litière contenant des fientes, qui dégagent de grandes quantités d’azote et de phosphore.
Utilisés comme fertilisant par les agriculteurs locaux, ces déchets ne sont pas sans conséquence sur l’environnement : l’épandage de ces fientes de volailles en trop grandes quantités pollue rivières, lacs et réserves souterraines.
« À l’époque où les fermes avicoles étaient encore rares, on pouvait utiliser toute la litière usagée comme engrais pour les sols. Mais aujourd’hui, les poulaillers sont si nombreux que les terres agricoles ne suffisent pas à absorber les fientes », précise Mathew Ware, vice-président des Opérations pour le secteur Énergie de Veolia en Amérique du Nord.
C’est pour lutter contre la pollution des eaux de la région que la North Carolina Utilities Commission a décidé en 2007 de développer la production d’énergie verte, en exigeant des pouvoirs publics qu’une partie de l’énergie vendue provienne des déchets avicoles et porcins. D’ici 2020, l’agence gouvernementale vise même les 900 000 MWh d’électricité produite à partir de ces déchets
Plusieurs usines de production d’électricité à partir de fientes de volailles sont donc apparues. Parmi elles, l’ancienne centrale à charbon de Lumberton a été convertie en 2016 par l’entreprise Georgia Renewable Power (GRP) en unité biomasse pour valoriser, entre autres, les déchets avicoles.
 

Bientôt deux nouvelles centrales

Pour transformer ces déchets organiques en énergie, les matières sont d’abord fermentées grâce à des micro-organismes, puis transformées en biogaz. Ce dernier est composé essentiellement de méthane, qui est ensuite brûlé dans une chaudière à turbine pour produire de l’électricité et parfois de la chaleur. Les résidus sont quant à eux utilisés comme engrais.
Depuis mai 2017, Veolia gère et exploite le site de Lumberton pour le compte de GRP. Alors qu’avant cette date, l’usine ne traitait qu’environ 10 % des déchets avicoles – le reste de l’énergie provenant de la valorisation de copeaux de bois –, le site de Lumberton en valorise désormais plus de 30 %. Chaque année, l’usine traite ainsi 285 000 tonnes de litière et produit 25 MW d’énergie par heure.
« Nous avons travaillé d’arrache-pied pour optimiser l’efficacité de l’usine », précise Mathew Ware. Et d’ajouter : « Les propriétaires envisagent de remplacer les chaudières, ce qui nous permettrait d’atteindre 100 % de déchets avicoles valorisés. »
Aux États-Unis, les projets qui visent à remplacer les énergies fossiles au profit d’énergies renouvelables ne cessent de se multiplier. Parmi ces dernières, la biomasse a un rôle fondamental à jouer. C’est pourquoi Veolia poursuit sa collaboration avec GRP et va construire deux nouvelles centrales biomasse au nord de la Géorgie.
 

CREDITS © Photothèque Veolia - Noel Campbell

 

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